‹ Révolution de 1830 et situation présente (novembre 1833); expliquées et éclairées par les Révolutions de 1789, 1792, 1799 et 1804 et par la restaurationChapitre 7 sur 30 · PEUPLE · texte numérisé non relu

PEUPLE

» Qu'ainsi tout gouvernement qui n'aurait d'autres » titres que des acclamations et les volontés d'un » PARTI , ou qui serait imposé par la force , ou qui n'a- » dopterait pas les couleurs nationales , et ne garantirait » pas la liberté — , l'égalité — , etc. , etc. , n'aurait ») qu'une existence éphémère, et n'assurerait pas la tran- » quillité de la France ni de l'Europe.

M Que si les bases énoncées dans cette déclaration » pouvaient être méconnues ou violées , les représentans » du peuple français , s'acqiiittant d'un devoir sacré , » PROTESTENT d'avauco , à la face du monde entier , con- » tre la violence et l'usurpation ;

» Et qu'ils confient le maintien de ces dispositions à » tous les coeurs gènéreiix , à tous les esprits éclairés , à » tous les hommes jaloux de leur liberté , enfin aux gé- » nérations futures ! »

Oui , les cœurs généreux répondront un jour à cet appel 1!

Mais les manifestes des rois ne sont que d'horribles irapostures : car ils se sont secrètement engagés , dès le 25 mars, à rétablir Louis XVIII.

Leurs généraux ne veulent pas même écouter nos plénipotentiaires, demandant au nom de la France l'exécution de leurs promesses; ils refusent la paix et toute suspension d'armes ; et , profitant d'un moment de trouble

et d'hésitation, appelés sans cloute aussi par des traîtres, ils précipitent leur marche sur la capitale saiis dire pourquoi la guerre continue.

Peuple , fédérés , gardes nationaux , élèves de l'école polytechnique, et soldats surtout, demandent à mourir pour la patrie et sont prêtes à la sauver.

Napoléon , voyant la mauvaise foi des généraux ennemis , offre de se mettre à la tête des troupes comme simple général , et Carnot y consent ; mais Fouché s'y oppose , et Davoust menace durement de faire arrêter son ancien empereur.

Les représentans déclarent la guerre nationale; mais il est trop tard alors.

Que peut d'ailleurs le courage contre la trahison?

L'infâme Fouché , duc d'Otrante , ministre de la police , pair de France , président du gouvernement provisoire, négocie depuis trois mois avec les cabinets de Vienne, de Londres, et de Gand surtout : il trahit la représentation nationale , ses collègues , la nation et l'armée!

D'infâmes généraux trahissent également leurs soldats et leur patrie !

Davoust capitule avec Wellington !

Paris est livré par ceux qui devraient le défendre !

La représentation nationale est violée !

Les Bourbons sont formellement imposés par les baïonnettes étrangères !

Talleyrand , rentré dans une calèche prussienne , le régicide Fouché , Louis , Pasquier sont leurs ministres !

Davoust conserve son commandement et leurs faveurs !

Et Napoléon , qui n'a pas voulu se jeter dans les bras du 2^enple, et qui croit à la loyauté du gouvernement britannique , va mourir captif sur un rocher , au milieu de l'Océan , à plus de deux mille lieues de son pays ! —

Quel malheur qu'il n'ait pas aimé le peuple et la liberté î Son génie pouvait le rendre le bienfaiteur et l'idole de la terre , tandis que son despotisme corrupteur et son égoïste ambition l'ont presque rendu le fléau de son pays I

§ 2. — Perfidie des alliés. — Leurs exigences. — Lâche abandon. — Servilité envers la sainte^lliance.

Dans toutes leurs proclamations , les coalisés ont solennellement protesté qu'ils n'étaient armés que contre Napoléon , et qu'ils n'entraient en France que comme alliés et amis du peuple français. Mais, pour déterminer leurs sujets à les défendre , ils avaient également promis de leur donner des constitutions et la liberté ; et cependant ils ont violé toutes ces promesses. Prenant désormais la place de Napoléon , ambitieux et despotes comme lui , ils vont se partager les peuples comme de vils troupeaux et vont détruire l'indépendance des nations vaincues ou trop faibles pour résister. Pourquoi donc craindraient-ils de se déshonorer en violant leurs promesses envers la France ?

Ils veulent d'abord la partager , et leur carte est déjà dressée.

Mais ils trouvent plus utile et moins dangereux d'exploiter leur conquête» en la replaçant sous le joug d'un prince qui consent à n'être que leur préfet et leur commis.

Si , par le traité du 26 novembre , ils garantissent le trône aux Bourbons , c'est uniquement dans l'intérêt de la monarchie et de la légitimité, c'est-à-dire dans leur intérêt personnel. Ils n'accordent pas , mais ils imposent l'occupation de la France , pendant cinq années , par ■i 50,000 de leurs soldats , sans permettre à celle-ci d'avoir plus de 22,700 hommes pour la garnison de vingt-six places fortes. Ces 450,000 soldats seront payés, nourris et entretenus par le gouvernement français, et seront bien mieux traités que ses propres soldats. Le drap nécessaire à leur habillement sera fourni par les Anglais , et les habitt seront faits par les ouvriers étrangers.

En un mot , les coalisés , se transformant subitement en ennemis vainqueurs , exigent tout de la France et des Bourbons, et les Bourbons ont la lâcheté de tout leur accorder.

Ils veulent détruire nos ponts d'Austerlitz et d'Iéna.

Us dévastent nos musées , dépouillent nos monumens

publics , enlèvent les trophées de nos anciennes victoires , reprennent nos anciennes acquisitions territoriales , et nous condamnent à leur payer deux milliards pour les frais de guerre et la solde de leur armée d'occupation.

Sur leur demande , Louis XVIÏI licencie l'armée française.

Il leur livre nos arsenaux , nos ports , nos forteresses et nos propres frontières.

. Il consent à ce que le royaume des Pays-Bas soit créée pour observer la France , et que de nouvelles forteresses y soient construites avec notre argent pour nous menacer continuellement.

Il fait plus : violant la capitulation de Paris ( crime épouvantable ! car où s'arrêtera l'effusion du sang si les armées , ne pouvant plus se fier aux capitulations , sont réduites à s'exterminer?); violant, dis-je, la capitulation de Paris , il livre à ses alliés les tètes de Ney , de Labédoyère , de Mouton-Duvernet et d'autres généraux judiciairement assassinés !

Par compensation, le prince allemand de Hohenlohe est nommé pair et maréchal de France ! Wellington luimême prend la place de Ney ! Il figure parmi les maréchaux de Louis XVIII , qui le décore en outre du collier de l'ordre du Saint-Esprit !

Aussi verra-t-on un général anglais pousser l'insolence jusqu'à dire que la France est une Nabahie (province) anglaise, que Wellington est maître de Paris, et que Typpo- Saéb (souverain tributaire des Anglais) est aux Tuileries. Très humble serviteur de la sainte-alliance , c'est pour obéir à ses ordres , autant que pour satisfaire son besoin de despotisme , qu'il ira plus tard étouffer les révolutions espagnole et portugaise , et replacer l'Espagne et le Por-

jph temps écraser les malheureux Grecs.

Quelle humiliation pour la France! Qu'il nest que trop vrai ce mot du général Lamarque : « La restauration est une halte dans la houe ! »

Si plus tard on mvoie quelques secours à la Grèce ,

c'est uniquement pour céder à l'opinion française et même européenne.

Et si plus tard encore Charles X entreprend la conquête d'Alger , c'est pour avoir une occasion de combler de faveurs une armée victorieuse , ajQn d'en faire l'instrument du coup d'état qu'il prépare contre la nation et la liberté.

§ 5. — Usurpation de tons les pouvoirs par la faction contre 'révolutionnaire.

Le roi n'est que le chef et l'instrument de la faction.

Protégée par les armées étrangères, elle ne ménage plus rien, agit ouvertement comme un ennemi vainqueur et traite la France comme sa conquête.

Par une simple ordonnance , elle fait illégalement un emprunt forcé de 'l 00 millions , sous le titre de réquisition de guerre.

Par une ordonnance également inconstitutionnelle, elle expulse arbitrairement vingt-neuf membres de la chambre des pairs.

Elle exclut impitoyablement les patriotes de toutes les fonctions publiques , et s'empare de tous les pouvoirs.

C'est elle qui compose exclusivement la pairie , la / chambre des députés , les tribunaux , le jury , les administrations municipales et départementales , la garde nationale , la garde-du-corps , la garde royale et l'armée.

Elle a d'ailleurs le budget , les ambassades et la saintealliance.

Quelle force pour accomplir tous ses desseins !

§ 4. — Vengeances. — Sang. — Terreur.

Nous avons vu ( pages 56 , etc. ) quelles vengeances méditaient les émigrés dès \ 792.

« Je sais , de science certaine , disait M. Ferrand , » ministre d'état en 48^4 , que Cambacérès et trois au- » très de ses collègues ayant offert leurs services à » Louis XVIII , en mars i 796 , le roi avait daigné leur

» atcerder des lettres de grâce : son garde des sceaux » ayant représenté au roi que sa majesté outrepassait les » droits de la puissance royale en accordant ces lettres , » et qu'il ne croyait pas pouvoir y apposer le grand sceau, » le roi lui avait dit : « Scellez toujours ; quand je serai » monté sur mon trône , mes parlemens sauront bien me » prouver que j'ai outrepassé , comme vous le dites , les » droits de la puissance royale ; et les gens auxquels je » fais grâce seront rompus en place de Grève avec mef ^ » lettres de grâce au cou. »

Dans son ouvrage sur les révolutions , ce même Ferrand disait que les fauteurs de la révolution devaient être rangés en catégories , et que les régicides devaient être écartelès : venaient ensuite les coupables à rompre , à pendre , à envoyer aux galères ou à exproprier , selon la nature de leur participation aux forfaits ou aux délits de la révolution ; il n'est pas jusqu'aux constitutionnels , aux modérés , contre lesquels il ne décernât une peine , afflictive et infamante ! ( Montgaillard , tome 8, pages 88 et 89. )

Mais heureusement les temps sont bien changés : en ^844, il ne pouvait être question de punir; Alexandre ne l'aurait pas permis ; et , même en 4815, il serait impossible de ressusciter les anciens supplices : mais à quels excès de colère , couvée depuis si long-temps , la contrerévolution ne va-t-elle pas se porter !

C'est en vain que Louis XVIII reconnaît solennelle^ ment que son gouvernement a fait des fautes.

Dès qu'elle a pris position partout , la faction , ingrate envers le peuple , qui pouvait l'exterminer pendant les cent-jours , s'abandonne à la vengeance , et règne par la terreur.

On veut faire assassiner Napoléon , comme on a déjà tenté de le faire en 4844 , par l'intermédiaire du marquis Maubreuil , qui prétend avoir reçu de Talleyrand cette odieuse mission.

Les mamelucks , formant un escadron de la garde impériale , beaucoup d'autres militaires et beaucoup de citoyens , sont égorgés à Marseille à Tannonce de la ba-

taille de Waterloo, par une populace qu'égarent de prétendus royalistes purs.

Dès le 24 juillet , le traître et l'infâme Fouché dresse une liste de trente-huit citoyens , qui resteront provisoirement à sa disposition, et de dix-neuf généraux, qui seront livrés à des commissions militaires : c'est lui qui proscrit Ney , dont le duc de Richelieu fera bientôt rouler le cadavre à ses pieds , pour s'assurer que le bravo des braves n'est plus à craindre pour eux.

Les héroïques débris de Waterloo sont traités de brigands.

Les patriotes, traités de napoléonistes ou de jacobins, sont (raqués partout et poursuivis comme des parias.

On excite les soldats étrangers à les désarmer, à les maltraiter, à piller leurs maisons , à violer leurs femmes et leurs filles , à les ruiner.

On les fait égorger par des sicaires : les Trestaillonsr, les Pointu et les Truphémi assassinent publiquement le maréchal Brune à Avignon , le général Ramel à Toulouse , le général Lagarde à Nîmes, et des milliers d'autres victimes ; et quand d'Argenson voudra défendre à la tribune les protestans assassinés , les assassins trouveront assez de protecteurs pour faire rappeler a l'ordre l'humanité courageuse !

Une foule d'autres patriotes sont judiciairement assassinés par les cours prévôtales , les commissions militaires et même les cours d'assises , toutes composées des hommes de la faction triomphante.

Après tant de vengeances et de sang, une insolente et dérisoire loi d'amnistie, du -12 janvier 4816, dont on veut faire une loi de confiscation et de proscription par catégories , fait grâce à ceux des sujets qui survivent. Mais elle excepte 1 ^ dix-neuf généraux , qui doivent être livrés à des tribunaux militaires composés d'émigrés et de chouans ; 2° trente-huit citoyens que le roi peut arbitrairement bannir ou faire juger; 5^ ceux des régicides qui ont signé l'acte additionnel ou accepté des fonctions pendant les cent-jours, et qui sont exilés pour toujours , au mépris de la charte ; 4° Napoléon et sa famille , qui sont illégalement bannis à perpétuité et d'avance condamnés à mort s'ils remettent le pied sur le

territoire français; 5** enfin tous ceux contre lesquels on se réserve de faire commencer des poursuites avant la promulgation de la loi , et le télégraphe en fera commencer contre Travot et beaucoup d'autres.

Aux massacres judiciaires et éxtrà-judiciaires succèdent les insurrections provoquées par la police , et les exécutions militaires qui versent encore le sang par torrens.

Une première insurrection éclate aux environs de Grenoble. « Les insurgés , c'est le ministre Decazes qui le » dit lui-même , sont trois cents paysans égarés , dont » le tiers ignorent le motif pour lequel on leur fait pren- » dre les armes , et croient venir à des fêtes et à des » réjouissances. » Et ce sont les royalistes ou la police qu'on accuse généralement d'avoir provoqué ce mouvement séditieux. Mais la répression n'en sera pas moins terrible : le télégraphe met le pays en état de siège ; une centaine d'insurgés sont fusillés sans résistance par les soldats de Donadieu auxquels on fait faire le métier de bourreaux ou plutôt d'assassins; vingt-un prisonniers sont condamnés à mort , en une seule séance , par une commission militaire, qui, reconnaissant immédiatement après sa condamnation précipitée l'innocence de trois vi':;illards , d'un enfant de seize ans et de trois auc^'es individus, suspend leur exécution et consulte le ministre : « Qu'on les exécute, » répond le télégraphe. « Vive Dieu! Sire, écrit Donadieu au roi, depuis trois jours le sang n'a pas cessé de couler! »

Une seconde insurrection éclate dans les environs de Lyon : deux cent cinquante paysans sont victimes d'une infernale machination de la police royaliste ; le complot est presque publiquement annoncé ; mais les autorités , qui veulent du sang , se gardent bien d'en prévenir l'exécution. Les soldats de Canuel parcourent les campagnes, rançonnant et maltraitant les habitans, traînant à leur suite l'horrible instrument des supplices : on fusille , on arrête , on remplit les prisons ; on y jette des femmes et des enfans : cent dix malheureux sont condamnes par la cour prévôtale, les uns à mort, les autres à des peines afflictives ou infamantes ; un enfant de seize ans est exé-

cuté pour une simple menace, et réchafaud est dressé à la porte de la maison de sa mère! et les soldats jouent aux boules avec sa tête et celle du capitaine Oudin ! Et l'officier qui les commande , qui rit et qu'on arrête aux cris de l'indignation du peuple et de ses camarades , se suicide dans sa prison ! Et Lyon est glacé de terreur.

Viennent aussi les conspirations provoquées ou même supposées de Y épingle noire, des patriotes de 48^6, du pétard Berri, du colonel Caron à Colmar, etc. , etc. , la boucherie de Berton , de Caffé et autres , à Poitiers , et celle des quatre héroïques sorgens de la Rochelle, Bories, Raoul , Goubens et Pommier, tués ensemble à Paris; Texécution d'une foule innombrable de patriotes; puis le coup de collier de \ 827 et les fusillades de la rue Saint-Denis; puis enfin les mitrailles des 27, 28 et 29 juillet 1850.

Partisans et défenseurs de la royauté, vantez-nous

son humanité ! N'ayez de cris que contre 95 !

Ne parlez jamais des terreurs de 94, 95, -18^5 et

§ 5. — Pillage du trésor et du ludget.

La faction exploite la France comme un pays conquis, et tire toutes les injustes conséquences de la conquête.

Dès le ^ 5 avril -1814, les courtisans affamés se sont emparés de 60 millions qu'ils disaient appartenir à Napoléon , et ont voulu se les partager ; mais comme ils appartenaient au trésor, on les a forcés à les rendre, à l'exception de 5 millions en espèces d'or qu'ils s'étaient déjà distribués.

Plus de 50 millions sont exigés des vaincus pour payer les dettes contractées par les princes , pendant l'craigra» tion , pour combattre la France.

40 millions de liste civile, adjugés annuellement à la f amille royale , et portés frauduleusement jusqu'à plus de 60 raillions, ne forment qu une partie du butin de la cour.

Le comte d'Artois s'adjuge son traitement de colonelgénéral des Suisses depuis sa fuite en 1789.

Les émigrés, les Vendéens, les chouans, les verdets, les Jésus, les soleil, transformés tous en officiers et en généraux , se paient leur solde depuis vingt ans et se gorgent de pensions.

Plus de 24 ,000 mémoires sont présentés par les prétendus officiers des anciennes armées royales.

Les émigrés ont repris les biens nationaux non vendus, que M. de Pontécoulant trouvait si justement confisqués sur eux (voyez page 57), et les ont repris affranchis de leurs anciennes dettes, améliorés par l'état, ayant acquis une valeur double , triple ou quadruple : c'est près crua milliard.

Ils veulent reprendre même ceux que des particuliers ont achetés ou payés ; mais ils ajournent , et se contentent de s'adjuger un autre milliard pour les revenus, en attendant qu'ils puissent sans danger reprendre les biens eux-mêmes.

La faction entière se jette sur les emplois lucratifs : les nobles ne dédaignent pas les bureaux de poste , de loterie et de tabac, abandonnant ou vendant à leurs valets et leurs séïdes les places de portiers des villes et des prisons, celles de gardes-champêtres, etc.

Les pairs s'adjugent de riches dotations.

Enfin -15 milliards, arrachés au peuple écrasé par "IS bubgets successifs, sont la cure des vainqueurs.

§ Q.--^ Charte-mensonge. — Monarchie absolue sous le masque de monarchie représentative.

Les plus fougueux veulent que la charte soit révoquée et la souveraineté royale proclamée.

La chambre introuvaUe se dispose à inviter Louis XVIII à cette révocation, et veut même la lui imposer.

Mais les rusés, considérant cette charte comme un masque précieux sous lequel on peut avoir tous les avantages du despotisme sans en subir les inconvéniens , demandent qu'elle soit nominalement conservée, sous la condition tacite qu'elle enchaînera toujours la nation sans que la royauté soit jamais enchaînée par elle.

Louis XVIII la conservera donc ; mais il veut la réviser pour la détériorer encore.

Cependant, craignant d'être entraîné dans le précipice par les fous de son parti , et la trouvant d'ailleurs assez mauvaise, il la maintient sans révision.

Mais toutes ses dispositions sur l'oubli des votes , — la liberté individuelle , — la liberté de la presse , — la liberté de conscience, — l'égalité des citoyens et des électeurs, — l'égalité proportionnelle des impôts,

— la quinquennalité et l'indépendance des députés,

— l'irrévocabilité de la pairie , — F abolition des tribunaux d'exception , — les droits électoraux , — l'exécution des lois, — la responsabilité des ministres, etc., etc., sont frauduleusement éludées et violées.

Plus téméraire que son frère , Charles X ira jusqu'à suspendre la charte, mais toujours en l'invoquant, et sous l'absurde prétexte que ce droit est dans Fart. i4de la charte elle-même.

Cette charte est-elle donc autre chose qu'un mensonge, une déception , une dérision 1

Et ceux qui croient avoir un gouvernement constifùtionnel et représentatif, ne sont-ils pas le jouet de la plus complète illusion?

§ 7. — Simulacre de leprèsentation nationale. — Toutes les lois sont faites dans l'intérêt de la faction.

S'il y avait une véritable représentation nationale , ce serait en quelque sorte la république : car de vrais représentans du pays, fidèles à leur mission, et n'ayant en vue que l'intérêt général, obtiendraient infailliblement , par la puissance de leurs paroles £i par la seule menace du refus de l'impôt, toutes les lois constitutionnelles ou autres nécessaires à la liberté et au bien-être du peuple.

Louis XVIII et sa faction le savent bien : aussi la charte, en exigeant 500 fr. de contributions pour les électeurs, et ^,000 fr. pour les éHgibles, a-t-elle constitué des représentans , non pour la nation et le peuple , mais pour la royantè et Varistocratie seulement.

i^. Mais ses dispositions aristocratiques peuvent- ^encore être insuffisantes.

— •so —

On emploiera donc tous les moyens , la ruse , la ter reur, la violation de la charte, l'influence du gouvernement , la menace et la corruption , pour s'assurer une majorité dévouée dans la chambre des députés.

On a d'abord illégalement conservé, de ^814 en juillet 4845, le corps législatif de l'empire , corps anti-populaire, dont les pouvoirs étaient expirés et annulés, et qu'on n'a conservé que parce qu'il avait reconnu les Bourbons comme ses légitimes maîtres.

Maintenant une nouvelle chambre est élue par des collèges électoraux que composent arbitrairement de simples ordonnances royales , sous la protection des baïonnettes éU'angères, au milieu du désordre, de la terreur, du massacre et de la proscription des électeurs patriotes : c'est la chambre introuvable qui va naître , c'est la faction elle-même qui se nomme pour donner des lois aux vaincus.

Louis XVIII, et peut-être aussi l'étranger, redoutant sa violence aristocratique et réactionnaire , cette chambre est dissoute le 5 septembre >! 81 6 , et remplacée par une chambre plus modérée qui , par une nouvelle loi d'élections , permet aux électeurs de se réunir en un seul collège au chef-lieu du département. Mais les quatre premiers cinquièmes réélus en vertu de cette loi vont peut-être donner une majorité quelque peu nationale^ et la faction s'en effraie.

Maîtresse encore de la chambre , et profitant de l'effroi sincère ou simulé qu'inspire le meurtre du duc de Berri , elle se hâte de violer la charte pour faire une nouvelle loi qui dissémine les électeurs dans les collèges d'arrondissement , qui crée le privilège d'un double vote électoral, et qui ajoute un nouveau nombre et une nouvelle classe de députés.

Née de cette nouvelle loi , sous l'influence d'un mouvement réactionnaire , une nouvelle chambre n'est encore en majorité que la faction elle-même.

Cependant, peu sûre de son triomphe, elle veut l'assurer par l'exclusion inconstitutionnelle de Grégoire,

(que, par machiavélisme, elle a fait élire afin de pouvoir crier au régicide, quoiqu'il ait refusé d'adhérer à la condamnation de Louis XYI , et qu'il ait même précédemment demandé l'abohtion de la peine de mort ) , elle veut l'assurer aussi par l'expulsion plus illéjjale encore de Manuel; elle veut l'assurer surtout par de nouvelles élections générales, faites sous riniluence de la fraude , de la violence , des menaces de la sainte-alliance et de la terreur qu'inspire le succès de la sacrilège guerre contre la constitution espagnole.

Les trois-cents de Villèle (c'est-à-dire, encore la faction) violent de nouveau la charte pour supprimer la réélection partielle et prolonger eux-mêmes jusqu'à sept ans le mandat qui ne leur a été donné que pour cimi.

Mais la pairie devenue constitutionnelle résiste ; la faction se divise, s'affaiblit et s'effraie ; la majorité de la chambre des pairs est brisée par une fournée de jésuites et de contre-révolutionnaires , et la chambre des députés est dissoute.

La fraude est impuissante cette fois, et l'administration déplorable se retire devant une majorité, non pas populaire, mais tant soit peu libérale.

La faction s'effraie davantage , et déclame avec la dernière violence contre Martignac et d'autres modérés qu'elle appelle jacobi»^ et rèvohitionnaires.

Après avoir fait une halte du 5 septembre 1 81 6 à ^ 81 9 , et précipité sa marche de 4819 à 1827, elle ralentit le pas jusqu'au 8 août 1 829 ; mais alors elle brûle ses vaisseaux , met en avant tous ses hommes d'action , et s'élanoe au pas de course à la contre-révolution complète.

Cent quatre-vingt-un députés l'appuient , mais deux cent vingt-un résistent à ses projets tyranniques , et la chambre est dissoute.

C'est en vain que le roi tente son influenee personneHe

^ur les électeurs : les deux cent vhKjt-un sont réélus: et

Charles X, qui veut à tout prix une représentation royale,

aiistocratique et dévouée , brise la charte par sou ordon-

nance du 25 juillet, et désigne lui-même les électeurs, Iw éligibles et presque les députés.

Ainsi la restauration ne veut pas, ne peut pas vouloir, et n'a jamais voulu de véritable représentation nationale,.

Mais les deux cent vingt-un, s'écrie-t-on !

Les deux cent vingt-un! Ne sont-ils pas le produit d'élections aristocratiques, du double vote et de la fraude ministérielle? Y trouve-t-on beaucoup de jjatriotes aimant le peuple , la révolution et la liberté , et détestant l'interyention étrangère? Le plus grand nombre n'est-il pas composé de doctrinaires, partisans de la légitimité, de la restauration, de l'aristocratie, des lois d'exception et de l'appel à l'étranger; de d^fcctio?rnaire5 devenus opposans par crainte du joug sacerdotal et par amour des portefeuilles ; de napolèonistes regrettant le despotisme impérial; enfin d'aristocrates libéraux?

Oui , la représentation élue par l'aristocratie de cent mille électeurs et de dix mille grands seigneurs ou riches bourgeois , ou riches négocians , qui votent dans les grands collèges , est devenue un peu libérale ; mais encore une fois , il n'y a jamais eu de représentation patriote, nationale et surtout populaire.

Aussi, point de lois dans l'intérêt du pays et du peuple; rien pour favoriser l'industrie et le commerce : la faction voudrait au contraire les anéantir; elle voudrait que le peuple fût misérable et ruiné, dût-elle, comme en Espagne, le nourrir pour le mieux tenir en esclarage.

C'est donc la faction qui seule fait les lois, et ce n'est que dans son intérêt qu elle en faitî

Quelle dérision , répétons-nous ! Quelle déception î

§ 8. — Pairie contre-révohitionnmre.

Reste d'un sénat servile et traître, comprenant la partie la plus aristocratique de la faction , affaibUe par l'expulsion de vingt-neuf de ses membres accusés d'avoir approuvé les eent-jours, la chambre des pairs obéit à Tétranger, assassine le maréclial Ney, approuve toutes le»

violations de la charte , et commence l'attaque contre la loi électorale de -1817.

L'introduction de cinquante-neuf pairs nommés par Decazes, et les excès du ministère Villèle, la rendent un moment quelque peu libérale : elle rejette la loi d'aînesse, et force Peyronnet à retirer sa loi d'amour.

Mais une fournée de soixante-seize créatures de Villèle la dénature et la pervertit. — Elle appelle et soutient le ministère du 8 août, et consent aux ordonnances qui ren* versent le gouvernement représentatif.

§ 9. — Outrage à la nation.

rr La contre-révolution proclame que, depuis 1789, elfe seule a eu raison , et qu'elle seule mérite des éloges , des honneurs, des récompenses et des indemnités.

Mais l'outrage est poussé plus loin : elle déclare solennellement, par une loi (^9 janvier 4816) , que la révolution n'a été qu une révolte 5 que la condamnation de Louis XVI est un crime , que ses juges sont des régicides, et que la France entière est leur complice ; on la condamne à expier son forfait en prenant le deuil chaque année , et en élevant , en son nom et à ses frais , des monumens funéraires qui transmettront à la postérité sa honte et son repentir.

[,§40. — Système de démoralisaiion et de corruption.

La faction , très peu nombreuse , s'efforce de grossir ses rangs par la démoralisation et la corruption.

Tandis qu'elle n'a que des éloges et des caresses pour la servilité , la guerre contre la patrie et la trahison , elle n'a que du ridicule , du mépris , de la haine et des persécutions pour le désintéressement , l'indépendance et les vertus patriotiques.

Elle exploite la vanité par des croix , des rubans , des. titres, et Tégoïsme par des places, des faveurs ou la crainte des destitutions et des persécutions.

Elle invoque sans pudeur l'arbitraire , ot ne se donne pas la peine de dissimuler la fraude.

Elle corrompt des électeurs et des députés.

Elle achète des consciences et des suffrages pour obtenir la loi électorale du double vote.

Et le roi lui-même , dont la parole devrait être sacrée, et qui se vantait de n'avoir jamais menti , donne le plus scandaleux exemple du mensonge» en déclarant officiellement, peu de temps avant la sacrilège invasion d'Espagne , que la malveiUance seule peut transformer h cordon sanitaire en armée d'observation !!!

§ -H. — Clergé. — Jésuites. — Missionnaires. — Superstition. — Tentatives d'abrutissement. — Ambition sacerdotale.

Principaux instruraens de la faction , le clergé et surtout les jésuites expulsés de Russie, mais admis en France malgré les anciens arrêts qui les prohibent , ne négligent rien pour éteindre la lumière et ramener les siècles de ténèbres.

La Sorbonne remplace Y école normale; la jeunesse est livrée aux frères ignorantins 5 la France est couverte de séminaires, de couvens, de congrégations et de missionnaires; la religion disparaît étouffée par la superstition : on ne veut pas seulement empêcher le peuple d'avoir une instà'uclion véritable , on veut encore le tromper , le rendre crédule et stupide.

Ce n'est pas tout : le clergé veut des jouissances réel» les , et la faction lui livre de riches dotations en attendant qu'on puisse lui rendre ses dîmes et ses anciennes possessions.

Ce n'est pas tout encore : il obtient l'abolition du divorce, une loi du sacrilège, et des lois contre la presse; et quand Charles X, son protecteur déclaré, arrive au trône, il aspire à placer l'autel au-dessus, et à dominer la noblesse elle-mêm«.

§ ^12. — Gouvernement occulte. — Système de provocations » de délations, d'ap^mi sur l'étranger et de rétablissement de l'ancien régime.

Après \S\Â, des poltrons et des ambitieux , ayant in«-

— \0\ — tilement proposé dés moyens extrêmes à Louis XVIII, fondent une vaste organisation secrète, par laquelle le royaume est divisé en gourernemens généraux, correspondant aux divisions militaires , et ayant une intendance par département, une subdèiègation par sous-préfecture , et une centurie par canton.

Ces places sont occupées par des militaires de haut ^rade , des fonctionnaires initiés , et de grands propriétaires appartenant à la noblesse.

Chaque chef-lieu de division possède un conseil de douze personnes prises par tiers dans les trois ordres de Tétat.

Un intendant , officier civil , un grand-prévôt , officielmilitaire, sont les chefs de l'intendance, à laquelle est adjoint un ecclésiastique du rang le plus élevé parmi ceux du département.

Un subdélégué, un commandant, un recteur et six conseillers, forment l'administration des arrondissemens.

Dans les centuries , trois chefs seulement achèvent dç* compléter cet ensemble.

Tous les membres en sont liés par des sermens et di» cérémonies religieuses.

Le comte d'Artois en est le roi, et Paris la capitale.

C'est de là que partent des dénonciations cachées qui jettent le trouble dans les familles , des résistances don* le but est de sauver les brouillons , les escrocs et les brigands même qu'on emploie aux entreprises secrètes, aux

duels de parti, etc.

Les jésuites sont les premiers et les plus ardens fauteurs de cette criminelle entreprise; c'est par eux que l'on obtient des fidèles ces dons nombreux qui fondent le trésor où Ton puise pour solder l'enthousiasme de la canaille, les frais des correspondances et des ambassades permanentes que le gouvernement occulte entretient auprès des cours étrangères. Ce parti ne veut rien moins que le retour LE PLUS COMPLET AUX ABUS DE l'aNCIEIV RE- GIME. {Mémoires d'une femme de qualité, tome 5, pages 92 et 454.)

C'est ce gouverneraent occulte qui organise militaire-

ment la Vendée , pour y préparer des soutiens armés de la monarchie absolue.

Ses membres , qui se disent royalistes purs , qui sont plus royalistes , non pas que le comte d'Artois , mais que Louis XVIII , et qu'on appelle ultra royalistes ou jacohins blancs, provoquent les insurrections et les conspirations, afin d'avoir l'occasion de verser du sang, de répandre la terreur , et de prouver que la liberté et la légalité sont impossibles.

Ces mêmes hommes , qui crient tant contre le jugement de Louis XVI , conspirent contre le roi , dont ils accusent le libéralisme, qu'ils appellent un jacobin et un révolutionnaire, et contre lequel ils vomissent les plus grossières injures. (Montgaillard, tome 8, pages 568 et suivantes.)

Ces hommes qui ne cessent d'exciter les troubles , les dissentions et les assassinats , font les plus grands efforts pour empêcher l'évacuation du territoire ; ils ont la perversité d'envoyer aux ministres des souverains alliés , et à ces souverains eux-mêmes des notes secrètes pour les engager à occuper indéfiniment le territoire français ^ ils représentent la nécessité de reconstituer Tancien régime , qui seul , disent-ils , peut assurer la couronne sur la tête des rois. Dans ces notes secrètes, monument de la plus insigne lâcheté, ces prétendus chevaliers français , ces prétendus fidèles serviteurs du trône , calomnient le trône et la nation , appellent la vengeance des rois contre la charte constitutionnelle qui , suivant eux , légitime et continue la révolution, ses injustices et ses forfaits: ils désirent, provoquent et demandent le démembrement de la FRANCE ! ! ! (Montgaillard , tome 8, pages 429 et 450).

Decazes résiste quelque temps aux efforts de ce gouvernement occulte , et finit par être entraîné , puis écrasé par lui.

Tout en voulant le modérer, de Villèle est son instrument et son complice.

Mais quand le comte d'Artois, son chef, arrive an trône, il devient plus audacieux, et finit par marcher ouvertement , sous les ordres de Polignac , au renversement de la charte et des lois.

§ -15. — Coup d'état. — Ordonnances du 2o juillet. — Parjure. — Violation de la chaa-te.

Charles X , l'une des principales causes de la révolulion de 89 , par ses scandaleuses dilapidations du trésor, par ses scandaleuses intrigues avec la reine sa belle-sosur, et par son opposition à toute liberté ; l'un des principaux auteurs de la mort de son frère Louis XVI , qu'il sacrifiait à son ambition 5 le principal instigateur de l'émigration et des coalitions contre la France; le chef du gouvernement occulte contre Louis XVIII ; l'instrument des jésuites , parmi lesquels on dit qu'il est affilié ; Charles X , disons-nous, irrité de la résistan cequ'il finit par rencontrer, comptant sur l'appui de la pairie , de la faction , de i'armée , de sa garde royale , de ses Suisses , et surtout de l'étranger dont il a demandé l'approbation , et dont il affirme que c'est l'affaire autant que la sienne , ne recule devant aucune des calamités qu'il peut attirer sur son peuple , viole ses sermons et la charte , proclame le despotisme par ses criminelles ordonnances du 25 juillet, met Paris en état de siège , et ordonne aux baïonnettes de répandre le sang pour imposer la servitude.

§14. — Opinion nationale. — Haine. — Mépris. — Protestations continuelles. — Dispositions hostiles. — Expulsion des Bourhons.

Mais, dès 1792, le peuple exécrait Louis XVÏ, sa femme , ses'frères et sa faction.

Le 20 Mars et les Cent-Jours ont prouvé combien il détestait Louis XVIII , sa famille et ses partisans.

Ramenés par l'étranger sur les cadavres de Waterloo , les Bourbons deviennent plus encore un objet d'horreur pour l'armée , les fédérés , le peuple , les patriotes et les bonapartistes.

Leurs alliés sont tellement convaincus qu'ils seraient expulsés de nouveau, qu'ils les feront garder par 1 50,000 de leurs soldats 5 et quand la sainte-alliance va retirer ses

troupes, en novembre 4 84 8 , quoiqu'il leur reste leurs gardes-du-corps , leur garde royale et les Suisses, l'effroi du comte d'Artois et de la faction est encore si {jrand qu'ils font parvenir des notes secrètes , rédigées , dit-on , par M. de Vitrolles , pour supplier les coalisés de leur laisser encore leurs soldats : plus tard ils n'oseront pas même tolérer une garde nationale , organisée cependant par eux , et chamarrée de leurs croix et de leurs rubans ; ils lui feront Tinsulte de la licencier.

Ils sont tellement convaincus de l'hostilité de l'opinion publique que sans cesse ils font de nouvelles lois pour en étouffer la manifestation : lois d'exceptions, — pour les cours prévotales , — contre les cris séditieux , — contre les opinions, — contre la presse, — contre la liberté des élections, — etc., etc., etc. Toutes ces lois sont une reconnaissance de la haine du pays.

il n'est pas même permis de s'expliquer sur les prétendus droits que LouisXVIII tient de sa naissance.

La tribune elle-même est enchaînée : Manuel ne peut pas , sans en être expulsé , y parler de la répugnance de la nation , et l'on doit s'étonner qu'on n'ait attaqué , ni Foy pour avoir dit, nous sommes vingt-cinq contre un, ni C. Périer, je crois, pour s'être écrié : Nous sommes huit ici, mais la nation est derrière nous.

Peut-être cette haine pourrait-elle s\ipaiser s'ils redevenaient nationaux et populaires.

Mais la restauration n'étant , de la part des Bourbons et de la faction, qu'une longue oppression et qu'une longue humiliation, elle n'est, de la part du pays, qu'une longue et continuelle protestation. '- '

Car, les conspirations de Lyon, Grenoble, Toulon, Paris, Béfort, Colmar, Saumur, Poitiers, La Rochelle, et cent autres; le poignard de Louvel, l'association de 40 à 50,000 carhonari; les sociétés pour la liberté de la presse, des personnes et des élections; la joie qu'excitent les révolutions de Grèce, d'Espagne , de Portugal, de Naples et de Piémont; les espérances que font naître les dispositions insurrectionnelles de l'armée envoyée contre l'Espagne , et la guerre entre la Russie et la Turquie ; les

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