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plus inviolables de la justice, le procès fut rapidement terminé. MM. Martin (du Nord), Chégaray, de la Toumelle, ayant tour à tour développée avec beaucoup de véhémence et non sans talent, la thèse présentée dans l'acte d'accusation, les avocats adverses prirent successivement la parole, chacun pour son client. Mais nul ne le fit avec plus d'élévation et plus d'éloquence que M. Jules Favre. Après avoir défini en termes saisissants le véritable caractère de l'insurrection lyonnaise et renversé l'échafaudage du complot, il résumait ainsi les débats :
< Vous nous accusez d^avoir attenté à la sûreté de rËtat ; et moi j^aceuse Je pouvoir de n'avoir pas déjoué cet attentat, d*avoir même nourri rémeute, en attirant les insurgés sur la place publique, alors qu*il était si facile de la comprimer.
« Vous nous accusez d^avoir construit des barricades; moi, je vous accuse de les avoir laissé élever sous les yeux des agentsde police et deTautorité civile, et d'avoir jeté parmi les groupes inoffensifs des excitateurs soldés.
« Vous nous accusez d*avoic usé de la force contre lesdéfenseurs de Tordre; moi, je vous accuse d'avoir déchiré la loi qui protège la vie des citoyens ; d'avoir donné une consigne qui à elle seule sufCsait pour allumer l'insurrection ; d'avoir compromis la vie des femmes, des enfants, des vieillards ; d'avbir prolongé la lutte sans nécessité; d'avoir enseveli sous les ruines de nos maisons des familles qui ne vous attaquaient pas; d'avoir été sourds aux demandes de trêve et de conciliation qui vous étaient faites de toutes parts, et de n'avoir pas épargné la vie des vaincus.
c Vous avez fait votre réquisitoire, voilà le mien. Ils resteront tous deux affichés à la porte de ce palais et nous verrons lequel durera davantage, lequel la France lira avec le plus d'indignation. »
Ce fut le 13 août (183S) que la Cour des pairs rendit, en l'absence des prévenus, l'arrêt général de condamnation, relatif aux accusés de Lyont.