ORDONNANCE DU ROI
LOUI8-PHIUPPË, Boi PU Fhaiiçais,
A tous présents et à venir, salut.
Considérant que des attroupements séditieux se sont montrés en armes dans la capitale; que leur présence a été signalée par des attentats contre les propriétés publiques et privées, et par les assassinats contre les gardes nationaux, la troupe de ligne, la garde municipale et les agents de Tautorite publique ;
Qu'il importe de protéger par des mesures promptes et énergiques la sûreté publique contre le retour de semblables attentats ;
Sur le rapport de notre ministre secrétaire- d'État au département de Fintérieur,
Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
Art. l*r. La ville de Paris est mise en état de siège ; néanmoins il n'est rien dérogé au commandement et au service de la garde nationale.
Art. 2. Notre ministre secrétaire-d'État au département de la guerre et notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur sont chargés de la présente ordonnance.
Au palais dei Toileries, le 6 join KM.
Louis-Philippe-
Par le Roi :
. Le ministre secrétaire- d'J^lat au département de l'intérieur,
MOKTAUVKT.
RAPPORT AU ROI
Sire,
C'est avec douleur que je ine vois dans l'oUigatioa de rendre compte à V. M. des graads désordres amqiMU s'est livré un grand nombre d'élèves de l'École polytechnique «
Ces jeunes gens, égarés dans de déplorables illusions, et mettant en oubli les devoirs qu'ils ont à remplir en vers l'État, qui contribue à grands frais à leur iostruotion* et qu'ils se destinaient à servir un jour dans les diverses carrières publiques, ont forcé la consigne de l'École pour aller se joindre aux séditieux ; ils ont pris une part aotive aux actes de rébellion dont les fauteurs de l'anarchie se sont rendus coupables ; ils ont cherché k entraîner ceux de leurs camarades qui sont restés fidèles à leur devoir ; ils sont revenus à deux reprises pour tenter de les séduire, et, ne pouvant y parvenir, ils ont manifesté par des actes l'intention de leur enlever les armes de l'École, que ces derniers élèves ont coustamment défendues avec honneur.
Dans cet état de choses* ne pouvant plus répondre du dévoûment de la tofalilé des élèves de l'École polytechnique aux institutions et au trône fondés par notre glorieuse révolution de juillet, je me vois à regret dans la nécessité de proposer à V. M. le licenciement de cette École, liais je remplis en même temps un devoir en appelant la bienveillance du roi sur des élèves qui ont fait preuve des bons seutiinents dont ils sont animés.
Tel est le but du projet d'ordonnance que j'ai l'honneur de soumettre à la signature de V. M.
Le ministre secrétaire-d'État do hi guerre,
Maréchal duo de Daluatk.
HISTOIEB DE DIX ANS