‹ Révolution française; histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 2)Chapitre 81 sur 147 · MODÉRATION ET GÉNÉROSITÉ DES INSURGÉS · texte numérisé non relu

MODÉRATION ET GÉNÉROSITÉ DES INSURGÉS

Pour ce qui est des insurgés, il est une justice que ne sauraient leur refuser même les passions de leurs ennemis : c'est qu'ils furent tous d'une modération et d'une générosité rares^ couvrant d'un égal respect les personnes et les propriétés, protégeant les faibles, épargnant la vie des vaincus, et se gardant bien de mettre la dévastation au nombre de leurs moyens de défense ou d'attaque. Au moment d'incendier la caserne des Minimes, ils s'en abstinrent, un habitant leur ayant dit, ce qui était faux d'ailleurs, qu'ils allaient détruire une propriété particulière. Les représentants du Pouvoir, on l'a vu, ne s'étaient pa« laissé arrêter par des scrupules de ce genre !

Aussi, le sang qui rougissait les pavés de Lyon n'était pas n encore lavé, que déjà la propriété y demandait à grands cris l'indemnité de ses pertes. Des commissaires furent nommés,

« Nous soussignés tous habitants de la comniune de Vaise, attestons pour « l'endre hommage a la vérité que le nommé Claude Sève vieillard de 70 ans « demeurant chez sa fille nommée Marie Sève blanchisseuse route du Bour- « bonnois et rue projetée maison Sourdillon au 2"'^, a été le 12 avril 1834 « fusillé et percé de coups de bayonnettes dans son lit et geté en suite par la « fenêtre par les soldats du 28' régiment de ligne. Ajoutons de plus qu'ils (( ont cassés brisé et geté par la fenêtre tout le linge et ménage de sa tille « qui se trouvoit absente dans ce moment. En foi de quoi avons signés le « présent pour servir au besoin. Vaise le 28 avril 1834.

« CIMETIEE, SIMONAUD, BENOIT NOËL, CHANIER, PLAGNE, « ANT' VERNE.

« Vu à lu viairie de Vaise le 28 Avril 1834, pour légalisation « des signatures ci-dessus au nombre de six, « Le Maire,

« ERHARD, adjoint. »

« Ce jourd'huy premier may dix-huit cent trente quatre, nous soussignés (( Bonaveuture Galand marchand de boit, Honoré-Picotin marchand de vin « tous deux propriétaire domiciliés a Vaise, François Foucret forgeur et « Jean Chanier propriétaire aussi domicilier à Vaise, Atteston pour rendre (( hommage à la vérité que le sieur Jean Barge moussehnier demeurant a « Vaise route de Villefranche no 19, a été arraché violemment du domicile du

et à Tappui des réclamations qu'ils devaient soumettre au gouvernement^ on rédigea une note dont les lignes suivantes feront connaître Tesprit : « Le gouvernement ne voudra pas « que le triomphe de l'ordre coûte des larmes et des re- « grets. Il sait que le temps^ qui efface insensiblement la

« sieur Laffay demeurant rue projettée, n» 7, ou il s'était réfugié d'une ma- « nière paisible et très inoffensive pour se mettre en sûreté, la des soldats « l'ont traîné jusque sur la nouvelle route du Bourbonnais pour le massacrés « impitoyablement, sans qu'il lui soit possible de faire entendre la moindre « explication, qui aurait été sincère et on ne peu plus justificative, ce malhou' « reux quoi que perse de coupt a encore pu se traîner chez le sieur Foucret « forgeur demeurant près du lieu ou il fut mutilé, ce dernier lui prodigua « les premiers secours qui ne servirent qu'a prolonger son agonie d'une « heure environ pendant laquelle son épouze le fit transporter dans son « domicile ou il fut accompagnie par le docteur Guichanet qui avoit été (( appelé pour lui donner ses soins, le défunt laisse Barthellemye Saunier (( veuve et mère de deux enfant, l'une âgé de ti^eize et l'autre de quinze ans « sans aucune ressource pécuniaire, en foi de quoi nous avons signé la pré- (i sente ces jour et an que dessus.

« PICOTIN, CHANIER, GALLAND, FOUCRÉ.

« Tm à la mairie de Vaise le !"■ Mai 1834, pour légalisation (( des signalurex cy-dessus, au nombre de quatre.

« Le Maire,

« ERHARD, adjoint. »

« Nous soussignés tous habitants de la commune de Yaise, attestons pour " rendre hommage à la vérité que le nommé Mathieux Prost profession de « couverlurier demeurant à Vaise rue projetée maison Feuillet a été le « 12 d'avril 1834, arraché de son domicile, où il étoit paisible et inofensife, « par des soldats du 28"" régiment de ligne, qui l'ont innumaiuement fusillé « à la porte de son domicile, sans qu'il lui ait été possible de faire entendre (( la moindre explication qui eut étée sincère et justificative en fois de quoi (( nous avons signé le présent pour sem'ire au besoin, Vaise le 28 avril 1834.

Page 1