‹ Révolution française; histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 2)Chapitre 88 sur 147 · MORT DE LAFAYETTE · texte numérisé non relu

MORT DE LAFAYETTE

perdait en M, de Lafliyette ce qui lui eût été presque plus utile qu'un chef: il perdait un nom.

Tout réussissait, on le voit, à ]a dynastie d'Orléans. II ne manquait plus aux serviteurs de cette dynastie que de savoir se modérer : ils n'en eurent pas la force. Nous avons dit avec quel empressement ils avaient profité d'une heure de triomphe pour se faire autoriser à lever, en pleine paix, une armée suffisante pour la guerre. La pensée du règne était là.

Et la bourgeoisie, puissance rivale de la royauté, la bourgeoisie applaudissait avec une ardeur imbécile, ne voyant pas quelle contribuait à miner sa propre domination. Moins profondément aveuglée, elle aurait compris qu au service d'un homme, des soldats deviennent tôt ou tard des satellites; que, si on les appelle aujourd'hui à préserver l'ordre, on les appellera demain à protéger la tyrannie; qu'il n'y a plus de liberté, plus de garanties, plus de distinction possible entre une résistance légitime ou une rébellion coupable, partout où la répression frappe sans avoir le droit de raisonner; que le pouvoir parlementaire cesse d'être indépendant, lorsqu'à sa milice, qui est la garde nationale, le pouvoir exécutif substitue la sienne, qui est l'armée : qu'en un mot, l'intervention des gens de guerre dans les débats intérieurs est inconciliable avec la prépondérance politique d'une classe appuyée sur l'industrie.

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