RÉPONSE DE LA CONFÉRENCE DE LONDRES A LA HOLLANDE
sentaient que le développement des bases de séparation. Et ici encore, la Conférence trahissait la vérité ; car, par exemple, le traité des 34 articles partageait le Luxembourg entre la Belgique et la Hollande, moyennant une indemnité territoriale accordée à la dernière, tandis que, dans le traité des bases de séparation, il était dit expressément, article "2 : « La Belgique sera formée de tout le reste des « territoires qui avaient reçu la dénomination de royaume « des Pays-Bas, dans le traité de l'année 1831, sauf le « grand-duché de Luxembourg, qui, possédé à un titre « différent par les princes de la maison de Nassau, fait et « continuera h faire partie de la Confédération germani- « nique. » I! est vrai que l'article i avait prévu le cas où, les deux pays possédant des enclaves dans leurs territoires respectifs, il y aurait lieu à des arrangements propres à leur assurer une entière contiguïté de possessions ; mais dès que ces arrangements, dont la portée du reste n'avait pas été prévue, aboutissaient à un remaniement absolu des bases adoptées, que signifiait ce mot hypocrite de développement opposé par la Conférence aux réclamations du roi Guillaume i ?
Quoi qu'il en soit, l'énergique résistance de ce prince eut pour premier résultat de plonger dans une longue hésitation la Russie, la Prusse et l' Autriche. Jusque-là ces trois Puissances avaient combiné leur action avec celle de l'Angleterre, parce que, pour elles comme pour l'Angleterre, la
1 Nous avons rassemblé aux documents historiques, n° 5, les traités des bases de séparation, celui des 18 articles et celui des 24 articles Nous renvoyons le lecteur à ces documents précieux. Il pourra lire dans le simple rapprochement des textes l'histoire des variations, des intrigues, des usurpations de ce qu'on nomme la diplomatie.
pensée cachée au fond de tous ces débats était une pensée hostile à la France. Mais, pour obéir à une comniune.haine, pour nous créer au Nord des obstacles suffisants, il avait fallu sacrifier en partie les intérêts du roi de Hollande* les sacrifier au nom du principe révolutionnaire. Et, sur ce point, la Russie, l'Autriche et la Prusse, commençaient nécessairement à se séparer de la Grande-Bretagne. Pour celle-ci, la question était bien simple : elle consistait tout entière à contenir la France. Pour celles-là, au contraire, la question était complexe : elle consistait à contenir la France, sans toutefois donner trop complètement raison au principe révolutionnaire, en souffrant que, par suite des journées de septembre, on abaissât outre mesure cette royauté hollandaise que les traités de 1815 avaient enfantée, que le principe de la légitimité protégeait, et qui faisait partie de la famille inviolable des monarchies européennes.
Les protestations du roi Guillaume avaient donc pour les Cabinets de Saint-Pétersbourg, de Vienne et de Berlin, une signification, une importance qu'elles ne pouvaient avoir pour le Cabinet de Saint -James. De là le retard apporté à l'échange des ratifications de la part du roi de Prusse, des empereurs de Russie et d'Autriche. Fidèles à l'esprit de la Sainte- Alliance, ces trois souverains auraient désiré que, par un acquiescement volontaire au traité des 24 articles, le roi Guillaume leur permît de se mettre en garde contre la France, tout en leur épargnant la nécessité de violer d'une manière ouverte et brutale les lois de la franc-maçonnerie monarchique.
Dans cet embarras, l'empereur de Russie prit le parti d'envoyer à la Haye le comte Alexis Orloif, avec mission