‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 111 sur 182 · CHAPITRE [X. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE [X. S

article additionnel au projet de loi, une pénalité sévère contre les infractions au règlement dans le service des chemins de fer.

Vers la même époque, la France devait à Fintelligence de nos marins Toccupaiion d'une station navale importante dans Focéan Pacifique. Le 1" mai, l'amiral Dupetit- Thouars, d'accord avec les chefs indigènes, prenait possession de l'archipel des Iles Marquises. Déjà, depuis quelque temps, il avait été prescrit à nos officiers de procurer au commerce français des ports de relâche et d'approvisionnements sur différents points du globe, soit sur les côtes méridionales de l'Afrique, soit dans les parages de i'Océanie. Conformément à ces instructions, nos marins s'étaient, en 1841, emparés de Nossi-Bé, et avaient, en 1843, fait accepter aux chefs indigènes de Mayotte la souveraineté de la France. En même temps nos stations de la côte de Guinée avaient reçu les développements nécessaires pour offrir un abri sur à ceux de nos bâtiments de commerce qui fréquentaient ces rivages. Après que nos vaisseaux eurent exploré dans le même but les archipels de l'Océanie, il avait été résolu par le gouvernement qu'un établissement serait fondé sur les côtes de la Nouvelle-Zélande pour offrir pendant les hivernages un asile à nos navires baleiniers, et aussi pour y établir des lieux d'échange et de commerce. Mais TAngleterre eut vent de ce projet, et devançant rapidement les préparatifs de la France, elle fit occuper pour son compte ce vaste archipel, qui lui promet dans l'avenir des avantages considérables. De la part d'une alliée, il y avait sans doute défaut de procédés ; mais l'Angleterre usait de son droit de premier occupant. Il fallut se résigner et chercher ailleurs.

Les lies Marquises, situées à Textrémité nord-est de tous les archipels de la mer du Sud, sont les premières terres que Ton rencontre en venant de Panama, et lorsque cet isthme important aura été conquis par l'activité commerciale de l'Europe sur l'indolence espagnole, il n'y a pas à douter que la grande route entre l'Europe et les archipels ne s'étaUisse sur cette direction. Dans ce cas, les Marquises deviendraient nécessairement une des stations les plus fréquentées de la route. Les avantages de cette position n'avaient pas échappé à l'amiral Dupetit-Thouars. Lorsqu'il s'y présenta vers la fin d'avril, un heureux hasard vint servir à l'accomplissement de ses desseins. En débarquant à Tahuata, l'ile principale du groupe du sud, il y trouva le roi Yotété plein de craintes et d'inquiétudes par suite d'une collision qui avait eu lieu quatre mois auparavant entre les indigènes et une baleinière des États-Unis. Un Américain avait été tué, et ses camarades s'étaient éloignés en menaçant le roi de la vengeance de leur gouvernement. Yotété redoutait vivement les suites que pouvait avoir cette mauvaise affaire, et il était encore sous l'impression de ces ' alarmes, lorsque les Français se présentèrent. Son premier soin fut de demander la protection de l'amiral, qui la lui promit avec empressement, à condition qu'il reconnaîtrait la souveraineté de la France. Cette offre fut aussitôt acceptée, les actes furent signés, et la prise de possession s'accomplit, ainsi que nous l'avons dit, le l^^ mai.

Le peu d'étendue superficielle des terres de cet archipel ne permet pas qu'il puisse jamais devenir un lieu de production important ; mais il est admirablement situé comme point de relâche pour lès bâtiments allant à la côte nordouest de l'Amérique, pour ceux qui en reviennent, pour

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