‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 163 sur 182 · CHAPITRE XV. 4U · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. 4U

et Ton raenafait de peines cruelles ceux qui demeupepaient fidèles à la cause des Français.

D'autres moyens plus cachés furent employés. Jusquelà, en trouvait abondamment à acheter des bœufs, des cochons, des volailles, etc., en sorte que les troupes elles équipages avaient presque toujours des vivres frais. Kentôt les marchés se d^arnirent : les fournisseurs ne pouvaient tenir leurs engagements ; matelots et soldats furent réduits aux vivres de bord, c'est-à-dire aux haricots et aux salaisons. Le gouverneur soupçonna quelque supercherie; cap l'espèce bovine est assez développée aux îles de la Société pour fournir aux besoins naême d*un surcroît de population. Des recherches furent faitess et J'en découvrit que les propriétaires de bétail s'étaient concertés pour opérer une disette fictive, et dégoûter les Français du séjour de Tahiti, en déguisant les ressources du pays. Presque tous les bœufs avaient été conduits dans l'intérieur des montagnes, eii ils erraient par troupeaux. ^ Fen interrogeait les indigènes, aucun ne voulait déclarer le nom du propriétaire ; tantôt ils le disaient absent, tantôt ils ne le connaissaient pas. Instruit ée ces détails, le gouvemeup rendit un arrêté, à la date du ♦♦ janvier, qui prescrivait à tous propriétaires de faire la déctaratien de la quantité et de l'espèce de bétail qu'ils possédaient. Ceux qui ne se soumettraient pas à faire cette déclaration, devaient être considérés comme renonçsmt à leur droit de propriété.

Le moyen était violent, mais commandé par les circonstances. Les habitants de Papaëte et des environs se soumirent sans hésiter; mais dans les baies éloignées, les prédications des missionnaires exaltèrent les esprits et poussèrent les habitants à la révolte. A Matavaî, l'arrêté du go«vemeur

fut foulé aux pieds, et il fut déclaré qu'on ne s'y soumettrait pas.

Le capitaine Bruat, apprenant l'insulte faite à son autorité, envoya sommer les chefs de rentrer dans le devoir. Ceux-ci refusèrent avec hauteur, et répondirent par des menaces aux exhortations qui leur furent adressées.

Alors un fort détachement armé se rendit sur les lieux ; quatre chefs furent arrêtés et conduits prisonniers à bord de de la corvette Y Embuscade. Sur ces entrefaites, les Français arrêtèrent un messager porteur d'une missive, qui démontrait clairement la complicité de Pomaré et de son premier ministre, Pritchard, dans le complot de famine.

Dès que Pomaré eut appris que ses intrigues étaient découvertes, elle accourut, effrayée, chez Pritchard, et, à la suite d'un court entretien, il fut décidé qu'elle irait se mettre sous la protection du pavillon britannique, à bord du Basilicky goélette de guerre anglaise, qui tenait la station depuis le départ du Dublin. Ce qui fut exécuté aussitôt, le 31 janvier. Toute sa famille l'y suivit.

Le lendemain, le gouverneur envoya son chef d'état-major, H. Malmanche, signifier au commandant anglais qu'il considérerait comme un acte d'hostilité le débarquement de l'ex-reine Pomaré sur un point quelconque des îles de la Société.

Cependant le châtiment des chefs de la baie de Matavaî n'avait pas intimidé les chefs d'une autre baie populeuse, celle de Taïrabou. Us menacèrent les envoyés du gouverneur, déclarant qu'ils ne lui reconnaissaient aucune autorité, et qu'ils ne recevraient d'ordre que de leur reine Pomaré. Cette déclaration était *faite en présence d'un missionnaire anglais, et la déférence que lui montraient tous les

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