CHAPITRE XV
Hay aille porter à Muley-Abder-Rhaman rulUmalum de la France.
Ni le maréchal Bugeaud, ni le prince de Joinville ne furent informés de cette intervention.
On était donc dans Tattente, lorsque tout à coup l'amiral anglais Owen, qui ignorait la convention faite avec sir Robert Wilson, s'avance avec son escadre dans les eaux de Tanger. Le prince en est prévenu, revient aussitôt, se place devant la ville et fait les préparatifs de combat. Les Anglais envoient vers lui, le suppliant de ne pas poursuivre son des* sein, qui risquerait de faire massacrer leur consul. Le prince leur reproche leur manque de parole ; mais après les explications d'où résultait leur bonne foi, il se laisse persuader, jugeant d'ailleurs que sa démonstration avait été sufiSsante pour leur faire connaître ses volontés bien arrêtées.Il s'éloigna donc encore une fois.
Cependant l'énergie du jeune marin avait causé à Londres de profonds mécontentements, et les complaisances de M. Guizot ne sufiSsaient pas à guérir les blessures faites à l'orgueil britannique. On était déjà bien loin de l'entente cordiale, et l'irritation croissait de jour en jour, lorsqu'un incident nouveau vint faire éclater les colères.
Le consul anglais Pritchard avait été brutalement arrêté par les autorités françaises à Tahiti, jeté dans un cachot, enfin transporté à bord d'un navire et définitivement expulsé d'une terre dont il avait fait sa patrie, et, ce qui était plus grave, d'une résidence consulaire. C'était un outrage au gouvernement anglais, une injure pour toute la nation dans la personne d'un de ses citoyens. Voilà ce qu'on disait en Angleterre. Voici la vérité des faits.
D'abord Pritchard n'était plus consul au moment de la II. 26
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prise de possession. H avait, aiosî que nous F^avoss dil, signifié à Tamiral Dupetit-Thouars qu*il cessait ses fonctioBs ; ensuite, quand fliëme il T'eût encore été, sa conduite avait été telle que son titre aurait ajouté à sa culpabiHté, et ne pouvait pas le préserver d*nn cbâtinoent trop bien naérité.
Laissons parler les faits.
Depuis ta prise de possession, Pritehard, rendu à son commerce de BiMes et de médicaments, ne pouvait se résoudre à renoncer aux intrigues. Son influence sur Pomaré était toujours puissante, augmentée encore par tes mécontentements d'une souveraine dépossédée, qui avait trouvé auprès de lui refuge et compassion. Dans les premiers temps, néanmoins, la crainte comprima les mauvais vouloirs ; le coup de vigueur de l'amiral Dupetit-Thouars avait produit l'effet quMl en attendait. Mais ils se réveillèrent avec violence lorsque les autorités françaises abrogèrent la loi du Code Pritehard, qui interdisait aux missionnaires catholiques Feutrée des tîes de la Société. Les méthodistes virent leur empire menacé : ils allaient perdre le nH>nopole des consciences indigènes et des amendes religieuses; le despotisme des Français devenait intolérable. Pritehard, dès lors, reprit avec une nouvelle activité ses menées ténébreuses. Â la reine, il annonçait la prochaÊne venue dHine fiotte angkise qui couvrirait Fhorizon de ses voiles, et ferait un feu de paiBe de nos tristes navires. Aux naturels, il racontait que les Français étaient un petit peuple turbulent, qu'un grand chef avait longtemps conduit à la victoire, mais que les Anglais avaient fini par mettre ce chef fameux aux fers pour arrêter ses désordres.. Ces belles choses étaient répétées dans des proclamations affichées aux différents keux de réunion. Les habitants étaient appelés aux armes,