AU NOM DU ROI DES FRANÇAIS
« Noas, goavernear des possessions fraoçaises dans l'Océanie, aa « peaple de Tahiti,
« ,Taviri, Faraoa, Pito-Maï et Teral, chefs, ayant refasé d*écoater « notre parole de paix, nous les déclarons rebelles. En conséquence, « leurs biens seront mis sons le séquestre.
« Huit jours leur sont accordés pour faire leur soumission*
« Les districts qui leur donneront asile seront frappés d'une contri- « bntion de guerre. — Que les bons amis de la paix et des lois restent « tranquilles sous la protection de la France. La sévérité des lois attein- « dra les coupables. »
« Papaêle, le 43 février 1844.
« Signé : Bruat. »
Le bateau à vapeur, le Phaéton, fut désigné pour aller recevoir la soumission des quatre chefs, ou exécuter l'arrêté. Mais à son arrivée, les habitants des districts déclarèrent que non-seulement ils donneraient asile aux chefs, mais même qu'ils sauraient les défendre, ainsi que leurs propriétés. L'insurrection avait pris des proportions formidables ; les missioiinaires eux-mêmes étaient effrayés de la sauvage énergie qui se réveillait chez les naturels, et quelques-uns cherchèrent à les calmer ; mais leurs exhortations
furent repouseées, et les plus exaltés leur signifièrent qu'ils De voulaient pas plus d'eux que des Français, et qu'ils abju* raient la foi chrétienne. Les vieilles superstitions avaient été ranimées par une ancienne prêtresse^ accourue au camp des indigènes pour leur reprocher l'abandon de leurs dieux» et leur prédire la résurrection de leur indépendance s'ils relevaient leurs fétiches. L'effet de cette apparition avait été secondé par d'amples libations d'une espèce d'alcool extrait d'une plante.
Le Phaéton n'était pas en force pour occuper le territoire. Le gouverneur, averti, donna aussitôt ordre à la corvette Y Embuscade d'appareiller sur-le-champ, et de recevoir à son bord une compagnie de voltigeurs et un détachement d'artillerie de marine. Le départ eut lieu le 27 février. Le capitaine Bruat et le commandant d'infanterie de marine dirigeaient l'expédition. Taïrabou est éloigné de Papaëte d'environ quatorze lieues.
Dès que le gouverneur fut éloigné, Pritchaîd redoubla d'intrigues à Papaëte. Bientôt l'esprit d'insurrection s'étendit sur ces districts. Les habitants désertèrent leurs villages, et se retirèrent dans les montagnes, prêts à fondre sur les établissements français aussitôt que se présenterait l'escadre anglaise que leur annonçait Pritchard. Le capitaine d'Aubigny, commandant en Tabsence de M. Bruat, fut obligé de prendre des mesures sévères pour maintenir la tranquillité. Le 2 mars, Papaëte fut déclaré en état de siège- L'audace des rebelles n'en fut pas diminuée ; dans la nuit <lu 2 au â, une sentinelle française fut attaquée et désarmée par des indigènes. Le poste se mit aussitôt à la poursuite <les assaillants, et parvint à «n saisir un, qui signala Prit- -cbard comme l'instigateur 4e ce coup de main. Ce n'était