‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 166 sur 182 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

pe» une révélation, car M. d^Anbigny savait trop bieû que PI*itiGhard était l'adtenr die tous les tfôubles; U était urgeat de faire nn exeoàple j rinsnrrection m pouvait être compri- Hiée que par lita acte dé vigueur ; il n*y avait plus à épai^ner un missionnaire qui provoquait lt% naturels à l'assassinat. Son arr^tation fut ordonnée*. Elle s'a'écoifaplit dans la matinée du 3, au moment où il se dirigeait vers te bateau à vapeur anglais le Cormoran: il fut renfermé dans un blockhaus situé derHère la maison du gouverneur.

Aussitôt les ptogrès de Tinsurrectiôii s'airrêtèrent ; les naturels consternés fireiit avei'tir les offiders des navires anglais. Les deux chefs descendirent â tebre pour réclamer taibprès de M. d'Aubigny; mais belui-ei maintint énergiquement ses droits et refusa de les laisser communiquer avec le prisonnier. Ils ne purent même obtenir de lui tju'il leur fît savoir en quel eiidroit Pritchard était détenu; Enfin, il coupa icourt à leurs instances, en leur lisant à hautfe vbix Tilrrété stiivant, destiné à être affiché dans l'île :

« Une sentineUe a été attaqaée dans la nnitila ) an 3 mars. En représaUies, j'ai fait arrêter un certain Pritchard, le seul agent et instigateur dés rêVôlté's (iës hàtùréis. Ses biens répondront de toiis les dôihbi&^ës ti'ië leë insût'^éé ^oUi^hiient chaser & nbs étéblissëm'éhtà; et si le ean^ français ebule, chàqde goutte de eesâng retonibera sur sa tète »

^ Signé : D'A€BmîfY. »

De retour sur leurs navires^ les deux commaridants anglais firent mine de recourir à des démonstrations ho^^tiles, Ils s'embossèretit comme pour lé combat. Les bâtiments français s'émbossèrent également, prêts à faire feu. Lès Anglais virent aisément qu'ils h'auràient rieil a gagner à une rencontra) et reprirent bientôt une allure pacifique.

Cinq jours après, M. Bruat, infonné de l'état de choses, revint de Taîrabou. Il approuva la conduite de M. d*Aubigny ; mais, sollicité par le capitaine du Cormoran^ il consentit à lui livrer Pritchard, à condition qu'il le conduirait aux tles Sandwich. Le Cormoran partit en effet aussitôt, et il ne resta en rade d'autre nayire anglais que le BasUicky à bord duquel demeurait Pomaré, attendant toujours l'escadre libératrice.

La nouvelle de ces événements parvint en Europe au moment où le cabinet anglais ressentait le plus de dépit de la tournure que prenaient les affaires du Maroc. Il ne lui était plus possible d'arrêter la France devant les folles provocations des troupes d'Âbder-Rhaman ; et malgré ses déplaisirs, il ne restait aucun sujet de plaintes en présence des efforts faits par les Tuileries pour éviter la guerre. Il y avait encore moins le moyen d'articuler une menace. L'affaire de Pritchard se présentait donc au milieu de mécontentements qu'on n'osait avouer, et ne servit qu'à les déchaîner, alors qu'on cherchait une occasion. Comment imaginer, en effet, que des hommes aussi habiles, aussi prudents que sir Robert Peel et lord Aberdeen, se fussent enflammés d'une sainte colère pour un missionnaire intrigant, alors qu'il fallait mettre en balance Talliance d'une grande nation? M. Guizot était-il donc si peu de chose à leurs yeux qu'ils voulussent le sacrifier à un Pritchard? Et la paix du monde devait-elle être compromise pour une misérable querelle agitée dans un coin de TOcéan ? Non ; ce n'est pas là qu'était la question. Elle n'était placée ni si loin, ni si bas. Elle était aux portes de Gibraltar, sur les frontières de TAlgérie ; elle reposait sur la gloire nouvelle que pouvait acquérir la France, sur les développements

Page 1