‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 47 sur 182 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Mort de la baronne do Feuchères. — Lettres de MM. Pasqaier et de Ramigny sar la catastrophe de Saînt-Lea. — Lettres de Louis-Philippe pendant Fémigration. — Antres lettres pnbliées par le jonma! la France» — Émotions dans le public. — Procès de la France, — Brutalités de la procédure. — Acquittement du journal. — Consternation des orléanistes. — La question des lettres portées & la chambre. — Misérable subterfuge de M. Guixot.

Le ministère de M. Guizot avait cet avantage à Tintérieur, de mettre en regard des principes contraires, de donner de la franchise aux luttes, et de dégager les questions de toutes les équivoques, de toutes les fictions constitutionnelles qui protégeaient la couronne et trompaient le pays. M. Thiers s'était vanté d'inaugurer le gouvernement parlementaire, et quoiqu'il ne l'eût pas fait, les apparences avaient suffi pour détourner de la personne royale les plus vives attaques de la polémique quotidienne. M. Guizot, au contraire, ne se vantait pas d'inaugurer le gouvernement personnel; mais il le faisait, et c'était tellement évident aux yeux de tous, que Louis-Philippe devint personnellement le but de toutes les attaques, en dépit des jalouses précautions de la loi, qui ne pouvait rien contre la logique de la situation.

Un nom auquel se rattachaient de tragiques souvenirs avait retenti de nouveau : la baronne de Feuchëres était morte à la fin de 1840, et cet événement avait réveillé d'anciennes accusations que la presse articulait avec assez de prudence pour éviter des poursuites, mais avec assez de transparence pour faire effet.

Ce n'était pas seulement un intérêt de curiosité que présentait la mort de M°* de Feuchëres, dont le nom trop fameux appartenait à l'histoire. Le public s'en occupait encore davantage parce qu'elle amenait un exemple de désintéressement qui semblait faire contraste. M. le baron de Feuchëres, devenu légataire universel, répudiait une fortune qui paraissait tachée de sang, et abandonnait aux hospices cette succession opulente qui eût pesé à sa conscience.

L'histoire, plus réservée que les partis, n'accueille pas aussi facilement les assertions passionnées ; mais aussi plus persévérante dans ses recherches, elle ne relevé pas des tribunaux contemporains, et ne se soumet à la chose jugée que lorsqu'il ne lui reste plus de doutes. Il n'est donc pas sans intérêt, même aujourd'hui, de retrouver des documents de cette époque, quand même ils ne devraient que jeter un faible rayon de lumière sur un événement encore enveloppé d'obscurité. C'est à ce titre que nous croyons devoir reproduire les lettres suivantes qui nous ont été communiquées sur piëces originales dont l'authenticité ne saurait être révoquée en doute.

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