CHAPITRE II. 7u
s'est arrangé avec elle. Mais quand on se présente à la chambre des pairs, on change de ton, on fait dire d'avance dans les journaux qu'on n'acceptera aucun amendement, et quand on monte à cette tribune pour exposer la véritable portée de la loi, on vient nous dire que nous ne pouvons y rien changer sans l'énerver ! Pour moi, je ne crois pas qu'on ait jamais exprimé, avec plus de crudité, la nullité politique à laquelle on voudrait réduire cette assemblée. Jamais on n'a dit plus nettement qu'elle n* avait d'autres fonctions que d'enregistrer et de parapher les décisions d'autrui. »
M. de Hontalembert avait sans doute raison de se plaindre ; mais M. Guizot avait également raison d'imposer ses volontés. La nullité politique de la chambre des pairs ne tenait pas à l'arrogance du ministre, mais aux vices de l'institution. Placée sous la main du trône, elle n'avait pas le droit d'être indépendante, et les doléances périodiques de quelques membres ne prouvaient qu'une chose, c'est qu'ils n'avaient pas le véritable sentiment de leur position essentiellement subordonnée.
Aussi était-ce bien vainement que M. Mole et ses partisans avaient compté sur la chambre des pairs pour renverser un cabinet. L'amendement de la commission fut repoussé par 147 voix contre 91; l'ensemble de la loi fut adopté par 147 boules blanches contre 85 boules noires. La défaite de M. Mole était complète.