‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 80 sur 182 · CHAPITRE V. i\o · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. i\o

FiDstant Toulouse. — Le 13 juillet 1841 , 10 heures du

matin. »

Signé :

Le lieutenant-général de Satnt-Michel. Le procureur-général Plolgoulm.

Cette pièce, qui devait compromettre si gravement les deux fonctionnaires qui l'avaient signée, devint inutile pour ceux qui l'emportaient. M. Mahul traversa, sans être reconnu , la ville soulevée , et fut bientôt sur la route de Paris. Mais le soir, toute la ville put lire imprimé dans le journal de l'opposition l'écrit qui signalait le préfet comme une « cause de désordre. » Chacun pensa que c'était une proclamation officielle, et l'émotion générale se produisit sous différents aspects, selon les opinions diverses. Les uns y voyaient avec joie la victoire complète de l'insurrection. Les autres accusaient avec indignation le commandant de la division et le procureur-général d'avoir pactisé avec l'émeute, d'avoir jeté en sacrifice à l'insurrection le premier magistrat du département.

Un des signataires s'aperçut bientôt à son tour qu'il restait encore une autre cause de désordre, et que la concession faite était une faiblesse inutile.

Aussitôt après le départ de M. Mahul, M. Plougoulm s'était rendu chez le général Saint-Michel, pour se concerter avec lui ; il y rencontra un chef de bataillon de la garde nationale , M. Goulard , qui lui fit savoir qu'il courait non moins de danger que le préfet, le peuple demandant maintenant à grands cris le départ du procureur-

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général. H Téxhortait en même temps à ne pas rentrer daAâ sa demeure. M. Plougoulm , ne tenant pas compte de ses avis, le commandant Goulard voulut raccompagner pour écarter de lui les périls.

A peine arrivaient-ils ensemble sur la place Lafayette, qu'un rassemblement de trois mille personnes les environna, criant : A bas Plougoulm 1 Qu'U aille rejoindre Mahul ! Plus de Plougoulm ! Malgré l'imminence du danger, M. Plougoulm fit assez bonne contenance, et s'arrétant dans . un groupe, il voulut essayer le pouvoir de sa parole, assurant qu'il n'était pour rien dans les mesures de M. Mahul, qu'il ne savait d'où naissait l'irritation qui se produisait contre lui ; qu'il n'avait participé à aucun ordre rigoureux, etc., etc. Mais on répondait à ses paroles par des huées et des menaces ; et le commandant Goulard, effrayé du peu de succès de l'éloquence du procureur-général, l'entraîna vivement vers son hôtel.

La foule cependant l'avait suivi, et la maison, bientôt entourée, allait subir un assaut malgré les efforts d'un poste de garde nationale qui la protégeait, lorsque M. Roaldès, membre de la municipalité provisoire, y accourut avec quelques hommes , et l'écharpe municipale suffit pendaùt quelques instants pour arrêter les furieux élans de la population. Cependant le calme ne pouvait être de longue durée. M. Plougoulm reconnut avec M. Roaldès que la sécurité publique exigeait son prompt départ. Mais comment traverser les flots d'une population irritée?

M. Roaldès lui offrit de le conduire au Capitole, répondant de son salut sur §a tête. Le procureur-général s'y refusa. On lui proposa de se revêtir d'un costume de garde national. « Non, dit-il, me déguiser pour échapper à un danger

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