PROCÈS-VERBAL
rédigé le M terrier, à 8 heare« da lotr, par les aooanguéay p^w rétabUssenaent du gouvemeuieiit «atîoiuil da la républîqiaa palooaîia.
Quatorze années d'efforts des braves enfants de la patrie pour parvenir à loi rendre son existence nationale ont créé dans tontes les parties de la Pologne opftrimée de nombreuses associations dont les membres s'exposent aux plus terribles dangers, filais^ malgré cela, on est parvenu à diriger tous les eiforts vers lu même but, celui de recouvrer une patrie en rendant la liberté à toute la nation polonaise.— Le 94 janvier de cette année, des comités de toutes les associations^e la Pologne remirent le pouvoir gouvernemental entre les mains d'une autoriié composée de cinq personnes qui furent, avec adjonction d'un secrétaire, choisies dans le grand-duché de Posen, la ville libre de Cracovie et son territoire, dans la Gallicie. la Russie et parmi l'émigration ; laqqella
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antorité devait se compléter eDsaite par Télection de deni membres. Fan poar la Pologne réaDie, l'aotre pour la Lithaanie.
Les membres choisis et le secrétaire ont accepté les pouvoirs qui leor étaient déférés et devaient se troaver avant le 21 février (jour fixé pour l'explosion de Tinsurrection) à Cracovîe. Les membres poar Cracovie et son territoire, poar la Gallicie et Témigration, s*y tronvèrenl effectivement avant le terme fixé, tandis que le représentant da grand-daché de Posen fbt arrêté et qae celai de Russie ainsi que le secrétaire n'étaient pas encore arrivés. Le membre de l'émigration ayant, à Tarrivée des troupes aotricbiennes à Cracovie, conça des craintes pour sa liberté, * s'était tont à coup enfai au delÀ des frontières.
L'irritation générale qui règne en ce moment À Cracovie et les nonvelles qui nous arrivent de tous côtés, prouvent que la révolution est la volonté de Dieu et de toa tle peuple polonais. Ces événements imposent aux membres du pouvoir gouvernemental qui ne sont pas encore arrivés, le devoir sacré de venir se charger sans délai et avec d'autant pins d'empressement des pouvoirs qai leur ont été déférés, que le zèle le plus ardent se refroidirait et que les propriétaires, nos frères, qui pourraient frapper des coups vigoureux, n'osent pas è présent prendre part à rinsnrrection.
Et tandis qne noas admettons an sein da pouvoir goavernemental un citoyen de la Pologne réunie, qui accepte les pouvoirs à lui déférés, nous nous tendons mutuellement la main et jurons à la face de Diea et de la nation polonaise, qne noas exercerons les pouvoirs révolutionnaires jusqu'à ce que tontela Pologne soit affranchie ; que nous regardons comme nu moyen propre à arriver à ce but, un mouvement produit parmi toute la population par l'abolition de tous les privilèges et la concession de la facnlté illimitée de posséder les terrains qu'elle exploite, facnlté dont les paysans ne jouissent aujourd'hui qne sous certaines conditions ; qne nous assumons la responsabilité des conséquences de tous nos actes, et que nous regardons comme trattre à la patrie et traiterons comme tel, quiconque osera résister à nos ordres. Qu'ainsi Dieu nous soit en aide I Nous nommons pour notre secrétaire Charles Rogawski. En foi de quoi nous avons signé les présentes.
Louis GORZKOWSKI,
Jean Tyssowski, Alexandre Grzegorzewski, S€crétair€y Charles Rogawski.
Vrineîpe, eonttitatîmi de la réToIafîon.
Art. i*'. Le gouvernement réTolationnaire est un, absoht poar tonte la Pologne ; il est responsable de ses actes à la nation.
Art. s. Tout individa k qai le goa?ernenient on nne autorité con* stilnée par lui confère une fonction, une mission, quand même elles ne seraient que temporaires, est tenu de les accepter et de les remplir, sons peine de mort.
Art. 3. Tout individu en état de porter les armes et qui manque dose mettre à la disposition des autorités du lieu de sa résidence, S4 heures après la publication de Tinsurrection, sera livré au conseil de guerre comme espion.
Art. 4. Le vol, les violences exercées sur une personne, quand même celle-ci serait coupable, la perception d'impôts, les corvées, la résistance aux lois, l'espionnage, le divertissement des deniers publics, Tabos dans Texercice des pouvoirs publies, Tusorpation de fonctions publiques, sont punis de mort.
Art. 5. Gelai qui, sans raulorisation du gouvernement, fonde des clubs, des comités ou sociétés, est traître à la patrie.
Art. 6. Toute commune aura dans son circuit autant de signaux d'alarme qu'il en faudra pour transmettre des avis aux communes voisines. Ces signaux sont des perches ou des arbres enduits de poix et entourés de paille. Celui qui détruit ces signaux ou qui empêche d'y mettre le feu est puni de mort.
Art. 7. Les couleurs nationales sont le blanc et le ronge ; les armes nationales, un aigle blanc sur un fond rouge amarante, les ailes en envergure, la tête tournée a droite, tenant de la griHe droite une couronne de chêne, et de la griffe gauche une couronne de laurier. Cet aigle sera aussi le sceau de toutes les autorités et des tribunaux.
Gracovie, le 20 février 1846.
Louis GORZKOWSKI,
' Jean Tyssowski, Alex. Grzegorzev^ski, Lb secrétaire, Rogawski.
ORDRE DU JOUR du goATOffiMnieiit national de la répnbUqae libre de Pologne.
Polonais,
Après les calomnies les plas odieuses contre les habitants les plas tranquilles de Craccvie et de son territoire, afin de justifier Tattaque projetée des troupes autrichiennes, on a fait une attaque de ce genre le 18 de ce mois, et par des violences ou a excité un mécontentement général. Là-dessus une lutte sérieuse s'est engagé avec l'ennemi, et plusieurs de nos vaillants frères se sont sacrifiés pour la cause nationale. Us sont tombés héroïquement comme des fils de la patrie, et ont donné ainsi un exemple digne d'imitation. A peine l'ennemi eut fait quelques pertes, qu'une terreur générale s'empara de lui, car Dieu prend évidemment le parti des innocents. Les audacieux ont annoncé qu'ils étaient venus pour notre sûreté, et ils ont été les premiers à fuir lâchement avec les autorités et la milice, en sorte que la ville a été exposée aux plus grands dangers.
Grâce soit rendue à la Providence qui veille sur nous I il n'y a en aucun désordre, ce qui est unique dans l'histoire des peuples et le plus bel épisode dans l'histoire de la Pologne. Polonais! le moment décisif est arrivé I Réunissez- vons, oubliez toute haine, ainsi que la discorde funeste qui a rendu vains tant d'efibrts que vous avez faits. Songez quel triste sort la dpstrnction de l'indépendance politique entraîne, et je suis fermement convaincu que vous serez comme une phalange macédonienne invincible, et que l'esprit national connu du monde entier renaîtra. Les Romains n'avaient que 2 milles carrés de territoire et 4,000 habitants, et cependant ils sont devenus les maîtres du monde entier.
Pourquoi donc la nation polonaise ne recouvrerait-elle pas son indépendance si elle la désirait énergiqoement? Polonais! ne craignez pas vos ennemis, suivez la trace de Léonidas à la tête d'une petite troupe de Spartiates. Mais pourquoi citer des exemples des peuples anciens f Quelle nation compte autant de héros et de martyrs dans la sainte cause de notre régénération ? Tons les Slaves se lèveront des qu'ils apprendront votre soulèvement, et T Europe entière, qui désire ardemment
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secouer le joag de ses tyrans, applaudira à votre dévonemeoi et vous» appuiera de toutes ses forces ; ne vous désespérez pas.
Mettez toute votre confiance en Dieu, qui soutiendra nos armes dans notre juste cause. Bourgeois et habitants de Cracovie, les ombres de vos ancêtres, qui ont habité cet asile antique, et donné tant de preuves d'un courage indomptable, se placeront à côté de vous dans le combat, enflammeront vos cœurs, convaincus qu'ils .n'ont pas à rougir de leurs fils, qui sont en état de chasser les ravisseurs qui n*ont pas craint de porter une main profane sur leurs cendres sacrées dans leur tombeau. Déposes des offrandes volontaires sur l'autel de la patrie, et vous reeueillerez les plus riches fruits de vos efforts.
La postérité admirera et couronnera de reconnaissance vos exploits. Pans le cas contraire, vos petits-enfants maudiraient h jamais votra apathie et vous-mêmes dans le tombeau. Que dès ce moment notre devise soit : Dieu I