PAR
M. ELUS RE6NIULT
l'n beau volume in-S". Prix 5 francs.
La concentration de toutes les forces vives d*une nation dans sa capitale est-elle une cause de puissance ou d'affai* blissement? Est-elle un danger ou un bienfait? Doit-elle être maintenue ou combattue ?
Telles sont les questions traitées dans le livre que nous annonçons.
Plus d'une fois de graves discussions ont été élevées à ce sujet. Peut-être n'ont- elles été sans fruit, que parce que les défenseurs et les adversaires de la centralisation ne s'entendaient pas au préalable sur le vrai sens du mot.
Si, en effet, l'on considère la centralisation comme Tunilé dans la diversité, la discipline dans l'indépendance et l'entente commune dans les actes librement consentis de tous les citoyens, elle ne rencontrera guère d'opposants.
Mais si la centralisation n'est que l'absorption de toutes les forces nationales au profit du pouvoir, le despotisme de la capitale au détriment de la province, la pléthore au cœur
et la paralysie aux membres ; si la France entière, la France intdectueUe el p(£tique, pensante et agissante, est limitée i Tttieeinte de Paris ; û hors de cette ei^inte, l'esprit est sans initiative, la liberté sans garanties, la pensée même sans élément , il est permis de protester contre un aussi funeste système.
Le livre de M. Elias Regnault est le développement d'une protestation que commandent la justice et la logique.
C'est au nom de la liberté, au nom du droit, au nom des principes fondamentaux de la société moderne, que l'auteur réclame pour la province sa part de vie sociale, sa place dans le domaine politique et intellectuel, son rayon dans le foyer de lumière qui vivifie la France.
Après avoir démontré par les faits historiques que la centralisation est une création qui appartient à la monarchie et non à la révolution, M. Elias Regnault examine les moyens pratiques les plus propres à ramener la vie dans les provinces déshéritées, à mettre fin à l'excessive domination delà capitale.
Deux moyens principaux sont proposés par l'auteur : 1^ Agrandissement des circonscriptions administratives ; 2^ Rétablissement des libertés locales. Les deux moyens tendent au même but. Par le premier, en développant le cercle des iotérêls, on développe le foyer de l'intelligence; par le second, on rend à la province la dignité morale, la conscience des gr^ds devoirs, tous les éléments de la vie politique.
La gravité de ces questions témoigne suffisamment' de l'im* ^rtance du livre que nous publions, et la manière dont elles sont traitées n'est pas indigne du sujet.
En dehors même des mérites de l'auteur, le sujet se recom^ mande de lui-même. U s'agit de savoir si la province doit iiesl^ à jamais déshéritée et asservie, ou si elki doit rentrer «a possession du droit et de la liberté.
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