A. THIERS
Paris, 21 juillet ld49.
Cette pièce, toute importante qu'elle fût, n'aurait sans doute pas exercé une grande influence dans des élections circonscrites, sur lesquelles le pouvoir avait de si grands moyens d'action. Mais il est à regretter que M. Thiers ait cédé à de timides conseils. Dans les occasions solennelles, un homme politique doit à son pays sa pensée tout entière, ^t plus cet homme est haut placé, moins il a le droit de 86 taire.
Au surplus, à la veille des élections, un de ces hasards qui servent souvent aux mauvaises causes, vint augmenter les chances du ministère, eu appelant autour de lui les peureux et tous ceux qui ne demandent qu'un prétexte pour se convertir.
Le 29 juillet, au moment où, sur le balcon des Tuileries, le roi saluait la foule assemblée pour les fêtes comme-* moratives de la révolution de 1830, deux coups de pistolet partirent tirés à une assez grande distance par un homme caché derrière une des statues du jardin. Cet homme, nommé Joseph Henri, exerçait la profession de fabricant d'objets en acier poli. En proie à une sombre folie, causée