‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848Chapitre 46 sur 119 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

fonctions pobli<iiiet bien oa mai diittribuéet. Si parmi le» minorités qu'on aocose, i tort ou à raison, d*ètre contraires au fond du cœor i la constitotion, il y a des hommes qui» sor Taiti» sor la Syrie, snr les finances, pensent comme mes amis et votent comme eox, je n'ai pas le moindre scmpnle de me rencontrer af ec eu, et pas davantage dans les collèges électoraax.

« Et à cet égard, je ne puis pas être pins ombrageux qne le goavernement lai-même. Il y a tel de mes collègnes à la dernière chambre, notoirement rangé parmi les légitimistes, et dont le ministère appnie la réélection de tons ses moyens. Poarqnoi? Parce que, snr l'indemnité Pritchard, par exemple, ce candidat a voté comme loi. Le ministère le soutient; je trouve cela tout simple. Pourquoi donc nos amis ne feraient-ils pas de même pour le légitimiste qui a voté contre cette indemnité ?

« En principe, il est bon qne tons les partis, même ceux qui sont contraires à la constitution, soient représentés dans la chambre. Ils ne conspirent plus dans l'ombre quand ils sont représentés et qu'ils ont la parole. Us s'engagent envers la constitution, dans laquelle ils jouent un rôle : ils prennent goût à elle. D'ailleurs, quoi qu'on fasse pour empêcher leurs représentants d'arriver i la chambre, ils y arriveront en proportion égale à leur importance dans le pays, et ils n'y seront jamais assez nombreux pour ébranler le gouvernement existant. Une fois à la chambre, il faut qu'ils votent avec les uns on avec les antres. Ils voteraient toujours avec l'opposition que rien ne serait plus naturel, carc'est la loi du gouvernement représentatif que toutes les minorités s'unissent pour se défendre en commun contre la majorité. Témoin l'Angleterre, chez laquelle les ultri-tories viennent de voter avec les whigs. Mais du reste cela ne se passe pas exaclement ainsi chez nous. Les légitimistes, par exemple, votent^ les nns avec le gouvernement, les antres avec Top. position.

« Le gouvernement se réjouit quand ils votent avec lui ; l'opposition agit de même*. En faire un grief, c'est le comble du ridicule. Lemin istère fraye avec ceux qui, pour des avantages personnels, lui abandonnent leur foi. L'opposition fraye avec ceux qui entendent comme elle la dignité de la France, les principes du gouvernement représentatif, l'administration des finances. Chacun est là dans son rôle. J'ai donc la même conviction qu'aujourd'hui, comme en 1839, en me rencontrant avec tel on tel parti dans le même vote, je n'ébranle ni la monarchie, ni la dynastie d'Orléans, l'ai la conviction an contraire de leur rendre par

mon oppofitioB plas de services que ceux qui ont mission spéciale de les défendre.

« Voilà, Messieurs les Électeurs, le compte que je voulais vous rendre de mes actes et de mes opinions. J'aurais pu vous aller dire cela moimême dâDs une réunion électorale. J*alme mienx vous Tadresser par la voie de la presse. Bientôt, quand ma présence au milieu de vous ne sera point une fiatterie pour obtenir votre vote, mais un remerctment, je m'empresserai d'aller visiter le lieu où j*ai passé ma jeunesse, et où je serai toujours heureux d'aller me reposer des agitations de la vie publique. »

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