‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848Chapitre 97 sur 119 · CHAPITRE Xt. 'aW · texte numérisé non relu

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liberté. Cepenâatit, quand on leur afait demandé de laisser un instant de cAté leurs théories, pour venir de bonne foi, et, répéton&-le, sans arrière-pensée, contribuer à conquérir quelques réfornses utHes, ils n'avaient pas hésit#. Par une résistance opiniâtre et téméraire, le gouvememeit avait ensuite changé l'état de la question. On était à la veille d'une baftaille. Ûaelle est alors la conduite des députés f^ 4icarux? Les uns pratclament, sans subterfuges, sanséquf^ voques, k l'assemblée réunie chez M. Barrot, que la forée des choses parait conduire à la guerre civile, mais qu'à leur avis il ne faut pas reculer même devant cette terriUe éveU'^ tualité. Les autres, également persuadés qu'on ne peut se donner rendez-vous dans un nouveau banquet sans prendre rengagement de marcher au combat, conseillent d'éviter cette rencontre. Où donc est la surprise? Ou donc est cette perfide trame, ourdie par les députés radicauï ?

Ces explications entendues, les députés de Toppo^itioâ dynastique persistent dans leur projet. Ne voulaient-ils paâ croire à l'imminence d'un sauvant conflit? Avaient-ils en-' core l'espérani» d'effrayer le ministère et de Farrêtér? H est certain qu'ils ne désiraient ni provoquer une émeute, ni faire une révolution. N'ont-ils pas su mettre d'accord leurs sentiments et leur conduite? Quoi qu'il en soit, à'ild ont été trompés, c'est qu'ils ont mmiqué de prévoyance. Nous insistons sur ces faits parce qu'ils sont mal connus; (^and les événements sont venus déconcerter leurs plané de conduite, les chefs de parti n'avouent pas qu'ils ont eu la vue courte, et si d'officteux récits les représentent comme ayant été victimes de quelque fourberie, ils acceptent ce fiie assez volontiers, i^ voulant jamais passer pour avoir fait de isn cakals. liais rhistèîre véridique ne peut ren^b^e

le même service aux chefs de parti. Elle enregistre avec la même impartialité tout ce qu'ils ont fait, et leurs écarts et leurs belles actions. C'est son devoir. L'opposition dynastique aime-t*elle entendre dire que, depuis le jcommencement jusqu'à la fin des banquets» elle n'a pris l'initiative d'aucune mesure, elle a tout laissé dire, tout laissé faire, ma^ 4^hant à la suite des radicaux, obéissant toujours et ne commandant jamais? Eh bien! la vérité naïve, c'est que l'op* position dynastique, ayant pour elle, dans les conférences, l'autorité du nombre, a toujours exercé la prépondérance, tout dirigé, tout réglé, et n'a pas voulu prévoir la révolution, mais l'a faite.

La décision prise, chacun s'employa de tous ses efforts à préparer dignement la grande manifestation.

Une commission fut nommée pour organiser le banquet. MM. Boissel, Ferdinand de Lasteyrie et Garnon, députés de la Seine, firent partie de cette commission, avec MM. Recurt, Labelonye, Pagnerre, Delestre, Gobert, d'Àlton- Shée, etc., etc. Elle s'occupa sans relâche de trouver un local ; ce qui n'eiit pas été facile dans les temps ordinaires, et devenait plus difficile encore dans les graves circonstances qu'annonçaient à tout le monde l'attitude du ministère et celle de l'opposition .

En dehors de li commission, un grand nombre de ci* toyens considéraient comme un devoir d'aller répandre l'agitation dans les masses. Le ministère s'était Qatté peut-être de contenir la bourgeoisie réformiste par la menace des baïonnettes : n'était-il pas opportun de dire au peuple qu'il pouvait, par une énergique démonstration, porter la terreur dans le camp de l'ennemi? En même temps, quelques officiers supérieurs de la garde nationale convoquaient les

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