CHAPITRE XYl
Programme de la manifestation réformiste.— M. Dachâtel enrôle M. Vitet et M. de Morny déclarer qa'il n'aatorisera pas le banqnet. — M. Barrot à la chambre. — Les dépotés de Topposilion se réonisseat et décident qu'ils n'iront pas an banquet. — Noie dans laquelle Topposilion fait connaître cette décision. — Acte d'accusation du ministère. — L'opposition devait-elle reculer? — Tous les comités, tous les journaux conseillent au peuple l'abstention. — Émotion publique. — Ce que l'on dit dans les groupes. — Journée du 22 février. — Combats du 23. — La garde nationale sons les armes. •— Elle crie : Vive la Réforme! — lucerlitude de l'armée. — Démission de M. Guizot. -— Massacre du boulevard des Capucines. — Cris de vengeance. — Journée ^u 23. — Barricades partout élevées. — M. Bugeaud commandant général de toutes les forces militaires de Paris. — Ce qui s'est passé chez le roi durant la nuit : M* Thiers, M. Barrot aui Toileries. — Ordre de suspendre le feu. — Le roi passe une revue dans la cour des Tuileries. — Abdication do roi. -7- Madame la duchesse d'Orléans. — Gouvernement provisoire. — La république est proclamée.
Une sous* commission dans laquelle se trouvaient HM. Marrast, du National, Charles Merruau, du Constitutiannel, Xavier Durfieu, du Courrier Français^ Ferrée, du Siède, Pagnerre, d'Alton-Shée, Vavin, Ferdinand de Lasteyrie, Delestre, Boquet, etc., etc., s'occupait de rédiger le programme de la manifestation. Le 31, ce programme
paraissait dans tous les journaux de l'opposition. Il n*exprimait que des sentiments pacifiques ; il ne prescrivait que le respect de Tordre; il ne demandait aux citoyens que Texpression calme de leurs vœux légitimes : cependant le ton de cette pièce était un peu théâtral ; ce qui donnait à un acte, que le gouyernenent considérait en lui-même comme illégal, l'apparence d'une altière résistance.
Les précautions mêmes que l'on prenait dans ce programme contre l'esprit de désordre, les instructions que l'on adressait aux citoyens, les consignes que l'on denaait aux invités, aux souscripteurs, à toutes les personnes qui voudraient se joindre au cortège, tout semblait annoncer un immense concours de peuple. Ce qui ne causait pas moins d'alarmes au gouvernement, les ordonnateurs de la cérémonie conviaient la garde nationale de Paris, et en massaient les colonnes dans leur cortège, avec la certitude qu'elle devait répondre à leur appel. En effet, les rapports de la police, venant confirmer les prévisions du programme, faisaient connaître à M. Duchâtel qu'un nombre considérable de gardes nationaux de Paris, de Montmartre, de Belleville, de Sceaux, de Saint-Denis, de Bercy, devaient se rendre à l'invitation du comité central» et ces mêmes rapports évaluaient à plus de cent mille le nombre des citoyens qui se proposaient de prendre part à la manifestation réformiste.
A ces nouvelles le gouvernement fut frappé de terreur. Si l'oppositioa parvenait à réunir tout ce peuple, à le conduire au lieu du baB(}uet, et à dtissoudre ensuite un tel rassemblement en faisant respecter la paix publique, l'opposition devenait «ne puissance trop considérable. Yainen^nt le miBist^re abtiesdiml ensuite» d'un triiMiaal |oih