‹ Révolution française histoire de huit ans, 18401848Chapitre 129 sur 198 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

en question par son ambassadeur, M. de Boislecomte, tout ce qu’avait réglé le sort des armes, reconnaissant encore au Sunderbund vaincu un droit égal à celui de la diète, le droit d’envoyer un représentant aux conférences des cinq grandes puissances qui s’attribuaient le réglement des affaires de la Suisse.

Parler et agir de cette manière, n’était-ce pas trahir tous les engagements du passé? M. Barrot avait par avance flétri cette trahison dans celte séance du 24 juin , où il disait que le devoir de la France était de se montrer à l’égard des cantons libéraux ce qu’était l’Autriche à l’égard des cantons rétrogrades. Or, non-seulement M. Guizot avait refusé l’appui moral du gouvernement français aux États qui s’étaient armés pour défendre, avec l’ordre légal , les principes de la révolution française ; mais il s’était employé plus que personne à servir les intérêts du Sunder-: bund, c’est-à-dire les intérêts de l’anarchie et des principes autrichiens; il avait eu l’initiative des démarches faites auprès des puissances , et , dans ses projets contre l’indépendance de la confédération, il avait admis toutes les éventualités , si ce n’est une intervention militaire , parce qu’il savait bien que les chambres lui refuseraient les subsides qu’il aurait voulu consacrer à cette guerre impie. Etrange et indigne conduite , que les lettres confidentielles des libéraux suisses avaient fait connaître aux journaux de Paris !

Les chambres françaises s’étaient séparées le 8 août. L’opposition ne pouvait plus porter ses griefs à la tribune : elle exprima dans les banquets combien elle était indignée, et manifesta sans aucune réserve les vœux qu’elle formait pour le succès de la cause trahie par

SOS HISTOHIB DE HUIT A5S

M. Guizot. Plus vives furent encore les plaintes de la presse radicale. Les journaux du gouvernement prétendaient justifier ses actes, en disant qu*il se prononçait en Suisse, comme en France, contre les radicaux, contre les démagogues, et conspirait contre eux avec les modérés. Mais cette excuse était mal reçue. Avouer qu’en peu d’années le parti radical avait SU' convertir à son opinion les deux tiers de la Suisse, c’était commettre une grande maladresse, puisqu’il n’y a rien de contagieux comme l’exemple. Soutenir ensuite que des instructions adoptées dans les conseils des Etats, à la majorité de 120, 130, 145 voix sur 450 votants étaient de méchantes pièces rédigées par des brouillons , des exaltés, et condamnées par tous les honnêtes gens de la Suisse, c’était évidemment argumenter avec des calomnies. On savait, d’ailleurs, que le cabinet de Londres, après avoir écouté tous les partis, et montré plus que de la froideur au chef des réformistes bernois, l’avait ensuite traité comme une puissance amie ; et personne ne supposait que lord Palmerston fût homme à se compromettre en pratiquant d’intimes liaisons avec un forcené. Enfin si M. Guizot avait sacrifié l’honneur et les intérêts de la France au. triste avantage de nouer de bons rapports avec M. Metternich, avec quelle imprudence il s’était engagé dans celte mauvaise affaire, et qu’il était honteux pour le gouvernement d'avoir embrassé le parti que les correspondants du National y les alliés des radicaux français, avaient si facilement mis à la raison 1 En Italie, la conduite de M. Guizot n’avait été ni plus habile, ni plus honorable. En Italie, comme en Suisse, le , parti libéral avait eu besoin, en 1831, en 4832, du concours de la France, pour tenir tête à l’Autriche ; mais,

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