CHAPITRE IV
donnait des espérances ; un discours adressé aux électeurs de Lisieux, après sa nomination, était destiné à satisfaire ou à tromper les amis du progrès.
Dans ce discours, après avoir montré l’ordre et la paix assurés, il ajoutait :
« La politique conservatrice pourra, devra sc livrer aussi à d’autres soins, à d’autres œuvres, ün gouvernement bien assis a deux grands devoirs. Il doit avant tout faire face aux atfaires quotidiennes de la société, aux incidents, aux événements qui surviennent dans sa vie, sans aller au-devant de ces événements, sans chercher des affaires ; c’est bien assez de suffire à celles que la Providence nous envoie et de les conduire sagement. Ce devoir rempli, le gouvernement doit aussi s’appliquer à développer dans la société tous les germes de prospérité, de perfectionnement , de grandeur. Développement tranquille et régulier, qui ne doit point i>rocéder par secousses, ni poursuivre des ebimères, mais qui doit s’adresser à toutes les forces saines que possède la société , et lui faire faire chaque jour un pas dans la carrière de ses espérances légitimes. C’est là, sans nul doute, pour la politique conservatrice, un devoir impérieux, sacré, et c’est là aussi, soyez-en surs. Messieurs , un but que cette politique seule peut atteindre. Toutes les politiques vous protnettroni le progrès; la politique conservatrice seule vous le donnera, »
C’était un engagement solennel pris par M. Guizot; il ne fallut pas longtemps pour apprécier le cas qui devait ètix' fait de sa parole.