‹ Révolution militaire du 2 décembre 1851: précédée de "la Vérité quand même àChapitre 14 sur 54 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Eq prenant congé du prince Louis pour me rendre à hterlaken, limite extrême de mon voyage en Suisse, je iui promis une seconde visite à mon retour. Je réalisai i»& promesse huit jours après, et dans cette nouvelle entrevue qui dura plusieurs heures comme la première» nous restâmes l'un et l'autre inébranlables sur nos ter-» raios respectifs.

Mais si le prince a conservé depuis lors quelque estime P^urmoQ caractère, quelqueaffection pour ma personne, de mn oàtéj je ne dissimulai jamais l'opinion que j'em*

portai sur les qualités rares dont la nature Tavait doté, et que semblent développer les obstacles ainsi que chaque crise qu'il provoque. N'en avons-nous pas en ce moment sous nos yeux les plus éclatants témoignages ?

L'une des qualités dominantes chez le prince est la persévérance que favorisent si éminemment le calme le plus imperturbable, une profondeur, un mystérieux à la Louis XL

Ces qualités si précieuses et si peu ordinaires, quand elles se concentrent dans un cœur fortement trempé, font bouillonner le cerveau, inspirent de grandes choses, font mépriser les dangers, affronter les tempêtes.

En 1840, je me reposais de mes fatigues de conjuré de Henri V, dans l'une des plus gracieuses villas du bois de Boulogne. Je m'y livrais aux douces jouissances de famille si souvent troublées depuis lors, car ma tAche politique et OFFICIELLE n'était point encore remplie. J'assistais, en voisin de charmilles, aux tendres épancbements de l'un des ministres les plus austères du roi . dqnt je sapais le piédestal depuis dix ans. J'assistais aux roucoulements de ce tourtereau de cinqnante-huit ans avec une tourterelle de soixante, et déjà célèbre en Europe; je souriais du milieu d'une touffe épaisse de lilas, aux agaceries amoureuses de ce puritain genevois. J'étudiais, à la faveur d'une lampe merveilleuse dont le reflet frappait d'aplomb sur le visage de la belle étrangère, j'étudiais, dis-je, à la faveur de l'astre des amants, en ce moment dans toute sa splendeur, les émotions de cet intermède amoureux, lorsque je m'entendis appeler

dans le jardin. II était neuf heures du soir el je ne saurais dire ce qui se passa après le baiser dont je fus le témoin...

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