‹ Révolution militaire du 2 décembre 1851: précédée de "la Vérité quand même àChapitre 15 sur 54 · HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE I · texte numérisé non relu

HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE I

Je rentrai chez moi et y trouvai le comte d*A. . . ., l'un de mes anciens camarades de la garde royale, chargé de me demander un rendez- vous de la part d'un émissaire du prince Louis-Napoléon, alors à Londres, où il projetait une revanche de la tentative infructueuse de Strasbourg.

Celait le 20 juin 1840, c'est-à-dire six semaines avant la réalisation de cette tentative nouvelle.

Ce rapprochement avec mes conversations de ThouD, cinq semaines avant celle de Strasbourg, me frappa; j'assigûai donc à l'ambassadeur du prétendant napoléonien un rendez-vous pour le lendemain dans le jardin des Tuileries, et, sous l'ombrage de ses maronniers séculaires , en quelque sorte sous les yeux de Louis-Philippe, eut lieu l'entretien dont je vais révéler, également pour la première fois, les curieux mystères.

le trouvai, en effet, à l'heure indiquée, dans la grande allée des Orangers, M. de *** , dont le frère avait été mon camarade dans la ligne;

— <i Monsieur de Mauduit, me dit l'ambassadeur du prince Louis, en m'abordant affectueusement, je suis chargé de la part du prince, d'avoir avec vous un, entretien au sujet d'une communiccition importante, et

je vous remercie, en son nom , de votre empressement à me raccorder.

— « J'ai conçu de l'affection pour le jeune prince , répondis-je à M. de ***, depuis qu'un heureux hasard me le fit rencontrer à Thoun en 1836; je me rends donc avec plaisir à votre invitation , et je serais heureux d'être agréable au prince, si toutefois la chose est en mon pouvoir.

— « Rien ne vous'est plus facile, reprit M. de ***, cela ne dépend que de vous. »

M. de ***, me rappelant alors mes entretiens avec le prince Louis, à Thoun, et l'estime qu'il en avait conservée pour mon caractère, entra immédiatement dans le sujet de la mission toute spéciale dont il se dit chargé près de moi.

— « Le prince Louis, me dit en débutant son ambassadeur, connaît votre action sur les masses de l'armée, par cedévoûment inébranlable que vous déplojez pour leurs intérêts et leurs droits.

(( Il sait également toutes vos antipathies personnelles pour Louis-Philippe et son gouvernement , ainsi que vos efforts pour arriver à les culbuter.

Qc Le prince , vous le savez , est aussi son efnnemi naturel, puisque, par sa naissance, il se croit des droits au trône , et qu'il persiste à les revendiquer malgré son premier échec de Strasbourg ; îl m'a donc confié la mission toute spéciale de vous voir et de réclamer votre concours à sa prochaine tentative.

— (( Je suis touebé , monsieur, de ce nouveau té-

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