‹ Révolution militaire du 2 décembre 1851: précédée de "la Vérité quand même àChapitre 38 sur 54 · AUX TRAVAILLEURS · texte numérisé non relu

AUX TRAVAILLEURS

« Citoyens et compagnons,

« Le pacte social est brisé!

« Une majorité royaliste, de concert avec Louis-Nac( poléon, a violé la constitution le 31 mai 1850,

« Malgré la grandeurde cet outrage, nous attendions, (( pour obtenir l'éclatante réparation, l'élection géne- « raie de 1852.

« Mais hier celui qui fut le président de la républi- (i que a effacé cette date solennelle.

(X Sous prétexte de restituer au peuple un droit que « nul ne peut lui ravir, il veut en réalité le placer sous « une dictature militaire.

« Citoyens!

« Nous ne serons pas dupes de cette ruse grossière. « Comment pourrions-nous croire à la sincérité et au a désintéressement de Louis-Napoléon?

(c II parle de maintenir la république , et il jette en a prison les républicains.

a II promet le rétablissement du suffrage universel « et il vient de former son conseil consultatif des hom- (( mes qui l'ont mutilé.

« Il parle de son respect pour l'indépendance des « opinions, et il suspend les journaux, il envahit les d imprimeries, il disperse les réunions populaires.

« Il appelle le peuple h une élection , et il le place « sous Vétat de siège. Il rêve on ne sait quel escamo- « lage perfide qui mettrait l'électeur sous la surveila lance d'une police stipendiée par lui.

« Il fait plus, il exerce une pression sur nos frères de

« l'armée, et viole la conscience humaine, en les for-

^ çanlde voter pour lui, sous l'œil de leurs officiers en

« quarante-huit heures.

« 11 est prêt, dit-il, à se démettre du pouvoir, et il

« contracte un emprunt de vingt-cinq millions, enga-

« géant l'avenir sous le rapport des impôts qui aUei"

^ gnent directement la subsistance du pauvre. ,

« Mensonge, hypocrisie, parjure, telle est la politi-

« que de cet usurpateur!

« Citoyens et compagnons,

^ Louis-Napoléon s'est mis hors la loi I la Majorité de « rassemblée, cette Majorité qui a porté la main sur le « SuBrage Universel, est dissoute.

^ Seule, la Minorité garde une autorité légitime. « Rallions-nous autour de cette Minorité. Volons à la ^ délivrance des républicains prisonniers ; réunissons ^ au milieu de nous les représentants fidèles au suf-

« frage universel ; faisons-leur un rempart de nos poi-

« Irines; que nos délégués viennent grossir leurs rangs

u et forment avec eux le noyau de la nouvelle asseoi-

ce blée nationale.

a Alors réunis au nom de la constitution, sous Tin-

a spiration de notre dogme fondamental. Liberté^ fra-

a temitéy égalité, à Tombre du drapeau populaire, nous

<c aurons facilement raison du nouveau César et de ses

a prétoriens!

« Signé : Le comité central des corporations. »

«c P. 5. La ville de Reims est au pouvoir du peuple, « elle va envoyer à Paris, au milieu de ses patriotiques <K phalanges, ses délégui's à la nouvelle assemblée.

« Les républicains proscrits reviennent dans nos c< murs seconder l'effort populaire. »

Que de verbiage et de mensonge dans cette proclamation aux frères et amis de Taréopage démagogique I

Néanmoins toutes ces gasconnades révolutionnaires devaient jeter aux barricades les enfants perdus, les tètes ardentes , et surtout la crapule de Paris ; aussi quelles paroles rassurantes n'enlendait-on pas s'échapper de la plu part de ces bouches impures?... El quels anathèmes contre les riches, contre la société , et surtout contre Xe^rohesdesoiel.,. Ils sont, comme on le voit, très-galants, \es chevaliers de la montagne!... in

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