‹ Révolution militaire du 2 décembre 1851: précédée de "la Vérité quand même àChapitre 39 sur 54 · VINO VERITAS · texte numérisé non relu

VINO VERITAS

Un jeune homme appartenant à une famille honorable, que son exaltation démocratique avait poussé à se placer au nombre des champions des barricades de la porte Saint-Denis , en recula tellement d'horreur qu'il jeta là son fusil et ses cartouches, et rentra dans sa faaiille inquiète , en jurant gu'on ne Vy repren^ drait pltuî...

Il m'est revenu que plus d'un républicain a déjà

fait Je tnème serment, n'étant nullement jaloux des

lauriers rouges de Clamecy-, de Poligny, et de tant

d'autres lieux devenus célèbres depuis le 2 décembre

Les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin se couvraient aussi de barricades; ce voisinage des barrières de la Chapelle, de la Villette et de la Courtille, est d'un ^ recrutement facile à pareils jours, et à midi une colonne descendue de ces bouges avait déjà planté son étendard rouge sur la mairie du 5* arrondissement, après avoir desarmé sans résistance le poste de garde nationale, et s'être emparée de toutes les armes qui se trouvaient à cette mairie. Ce qui coûtera cher bientôt aux auteurs de ce coup de main.

Cependant des émeutiers se faufilaient isolément dans les maisons qui avoisinent ou bordent la place de l'Hôtel-de-Ville, et s'y établissaient de gré ou de force pour y attendre l'instant d'en tenter l'assaut, à la première faute commise par ceux chargés de la défense de ce point important.

Cette opération se fit avec tant de mystère et de ruse que Ton ne s'en aperçut qu'au moment de s'en trouver les victimes. J'en donnerai bientôt la preuve, dont personne encore ne se doute à Paris; je serai le premier à le réveiller en sursaut à la nouvelle des dangers auxquels il a échappé, grâce au zèle et au dévoûment d'un de mes anciens frères d'armes. Et cependant ce service n'a nulle part été signalé, encore moins récompensé, et certes il eût dû l'être.

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