INVENTEUR I>U SYSTEME TUBULAIRE
»< L'Inventeur du système tubulaire fut un Franç.iis, Prosper- « Antoine Moitessier, facteur d'orgues à Montpellier ; en octobre « 1847, il créait ce qu'il appelait l'abrégé pneumatique, système « dans lequel tous les leviers, bascules et rouleaux du système « mécanique, avec ou sans levier pneumatique, étaient rem- *< placés par des tubes aspirants. En 1830,1! construisait d'après « ce système un orgue de 42 jeux pour Notre-Dame de la « Dalbade à Toulouse, cet orgue fonctionna pendant 33 ans.
« Chaque soupape S du sommier était rattachée à la face « supérieure dun piston P glissant dans un cylindre N comme « celui d'une machine à vapeur, une soufflerie aspirante faisait « le vide dans un réservoir (comme dans les pianos automati- « ques actuels) ; quand (fig. 4 ferj on abaissait la touche du clavier, « poussée par l'équerre K, la pièce C D, se déplaçant vers la « droite, coupait la communication H du tube T avec l'air extérieur « en ferm. nt les ouvertures F et A. Mais en même temps, au « niveau de E, par le tube T, la face inférieure du piston était
« mise en communication avec le réservoir aspirant A ; immé- « diatement la pression atmosphérique agissant sur la face stipé- « rieiire du piston P l'enfonçait dans le cylindre en ouvrant la « soupape du sommier rattachée au piston par la vergette V.
« Le premier tubulaire fut donc « le svstème « aspirant » porté à un « si haut degré de perfectionnement « dans les instruments automatiques.
« Le second système tubulaire par « air « comprimé » fut aussi inventé, « en France. Dans son brevet de Février « 1866, Permis, un instituteur, orga- « niste du village de Haute-Rive, près « Toulouse, qui cotmaissait bien l'orgue « de la Dalbade, modifia le système de « Moitessier en combinant des tubes qui « envoyaient de l'air comprimé pour v< gonfler les soufflets du levier pneu- « matique de Barker.
« La même année, Gustave San- <v der, un des facteurs les plus inventifs « de l'Allemagne, faisait breveter un « système tubulaire à air comprimé ; <s ses essais dataient de 1863 ; il est « probable que Sander ne connaiss it v< pas les travaux de Fermis. Mais tous deux ignoraient que, dès « 1S62. Peschard, l'inventeur de l'orgue électrique, attaquait « ses « tracteurs à soufflets multiples » soit avec un électro- « aimant, soit avec une membrane soulevée par un tube de « transmission de sonnette pneumatique.
« Le premier orgue que Fermis construisit fut le 40 jeux de « Sainl-Volusien à Foix, où il fonctionne encore tel qu'il fut « monté ; ce fut une partie de cet orgue (clavier et sommier « de positif; installée à l'Exposition de Paris en 1867, qui attira « l'attention de Henry Willis. Le grand facteur anglais en fut si « frappé, qu'immédiatement il fit des expériences de contrôle, et « arriva à construire son système tubulaire, porté à un haut « degré de perfection dans l'orgue de Saint-Paul de Londres « en 1872 (résumé des articles du Docteur Bedait. dans Musical « Opinion Londres, Jui'let 1908, et dans Dictionarv of Orgaiis <\ and Oroanist'i, Article Pneinnalic Transmission, 1912 ».
placés (et le sont encore) du côté de l'évangile. Au lieu de commander un mécanisme de traction par vergettes, pour passer au-dessous du pavé du chœur, et remonter vers le deuxième buffet (comme c'était la coutume en 1872), ces claviers, dis-je, commandent une communication au moyen de tubes rappelant des tuyaux ' de gaz, dans ces tubes une insufflation de vent par un trajet descendant, puis horizontal, puis ascendant, va gonfler le soufflet des leviers pneumatiques, qui commandent le tirage des jeux ou les soupapes des tuyaux. C'est une reproduction perfectionnée du système du Français Permis. Sir John Stainer décrit le mécanisme de l'orgue de Saint-Paul comme un chef-d'œuvre d'habileté mécanique, organiste de Saint-Paul pendant bien des années, il se plaisait à le reconnaître ; c'était parfait « pour une cathédrale ou les mélodieux accords courent le long des voûtes », mais il faut aussi citer la remarque du fameux organiste anglais Best sur le tubulaire appliqué à un orgue de salle de concert : « c'est complètement raté, vous ne pouvez pas jouer un triolet sur la trompette et je considère que c'est la plus diabolique invention placée dans un orgue ». (1)
Malgré cette réflexion, le système fut généralement adopté après la démonstration de Saint-Paul, et dans beaucoup de petites orgues, où même il fut employé de préférence au levier de Barker. Un facteur a avoué à l'auteur de ce livre que le tubulaire lui avait fait perdre beaucoup d'argent ; après avoir dépensé beaucoup de temps (et le temps, c'est de l'argent) pour essayer de tout mettre au point, le système dut être enlevé et jeté au feu par le sacristain; pas mal d'orgues, à New-York, sont dans le même cas (2).
L'auteur néanmoins reconnaît qu'il a rencontré quelques orgues tubulaires fonctionnant très bien, notamment chez Monck, de Londres, avec des tubes de 50 pieds soit 1 5 mètres de long ; le D'' Bédart nous dit que Puget , le facteur toulousain si connu en France, considère que vingt mètres est l'extrême limite du tubulaire. Henri Willis et Sons, dans la description de l'orgue destiné à la Chapelle de la Vierge de la Cathédrale de Liverpool, disent que leur système
(i) C'était peut-être vrai en 1872 ; mais pas en 1904, malgré les dires de certains pontifes parisiens.
(2) Cette anecdote prouve seulement que ce facteur ne savait pas bien faire le système tubulaire ; il y a encore aujourd'hui dans tous les pays, (et en France, ils ne sont pas tous en province) des facteurs et des ouvriers facteurs, des organistes oui, par routine ou ignorance font une opposition ridicule ou intéressée au système tubulaire ; les archives de la ville de Lille contiennent à ce sujet des lettres documentaires qui en sont la preuve. — D' G. B.
tabulaire peut donner mille répétitions à la minute ; ce qui est beaucoup plus que ne peut le réaliser le doigt du plus agile organiste ; mais ils ont adopté le système électrique pour le grand orgue de cette cathédrale, ou la distance entre les claviers et les tuyaux est trop grande pour assurer tubulairement une rapidité suffisante dans l'attaque (i).
Concernant l'application courante du tubulaire, nous décrirons le modèle de M. J. Binns, de Leeds (Angleterre), quej. Matteuws dans son Manuel de l'orgue, dit être un bon système sans défectuosité : les tubes L correspondant à chaque touche sont fixés dans un trou communiquant sous des petites membranes P fixées sur un porte membrane R ; la touche en s'abaissant introduit du
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FiG. 5
vent dans les tubes L, vent qui, en gonflant les membranes P, soulève la soupape en forme de bobine S, fermant le trou T dans le fond du sommier A et, ouvrant une ouverture semblable T dans le fond de la planche F, ce qui amène l'échappement de l'air contenu dans le petit soufflet
(i) J'ai vu chez M. Willis les plans du 180 jeux de la cathédrale de Liverpool, en réalité il y aura 70 pieds anglais, soit 21 mètres, entre la console et l'Echo placé dans le triforium du côté opposé : et si les fils électriques ont 3oo oieis = 100 mètres de long, c'est a cause du parcours imposé par des raisons d'architecture. — D' G. B.
M qui s'écrase en soulevant la soupape H qui ferme le trou G en même temps qu'il met le soufflet en communication avec l'air extérieur. Aussitôt le soufflet E s'écrase sous la pression du vent du sommier, entraînant la soupape B. Aucun système tubulaire n'est entièrement satisfaisant si l'on augmente trop la distance entre les claviers et les sommiers, cela est dû non pas à une imperfection du plan ou de son exécution, mais bien aux lois de la physique, l'impulsion pneumatique voyage relativement d'une façon lente, environ I .000 pieds (330 mètres) par seconde; dans les grandes orgues ou nécessairement certains tubes sont courts et d'autres plus longs, il est impossible d'assurer la simultanéité d'attaque de tous les claviers accouplés (i). De plus, la sensation spéciale d'une communication directe du doigt avec les tuyaux, comme dans le vieux système à traction, n'existe plus (2). Les facteurs d'orgue et les organistes à idées ouvertes au progrès pensent que tôt ou tard le tubulaire sera remplacé par le système électrique ; de fait, en Amérique, le système électrique est de plus en plus employé en facture d'Orgue, et la même tendance s'observe dans tous les pays.