‹ Révolution récente dans la facture d'orgueChapitre 14 sur 50 · DU SYSTÈME ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME ÉLECTRIQUE

Le système électrique est réalisé par des petits soufflets, comme ceux de la machine de Barker mais, au lieu que la petite soupape y introduisant le vent, soit actionnée par un tirage venant du clavier, cette soupape est ouverte par un électro-aimant, excité par un courant établi quand la touche s'abaisse, courant transmis au moyen d'un fil auquel on peut donner la longueur désirée.

( I ) Le « choc pneumatique » produit par l'entrée subite du vent dans les gravures du sommier est identiquement le même, que le levier pneumatique Ouvrant la soupape soit chargé ou déchargé par une transmission mécanique, tabulaire ou électrique. Peu d'organistes peuvent, ou ont besoin, d'abaisser cinq fois une touche par seconde ; rapidité de répétition déjà obtenue par une bonne mécanique ou un bon tubulaire. — D' G. B.

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D' Albert PESCHARD

INVENTOR OF ÉLECTBO-PNEUMATIC ACTION".

Albert Peschard, né à Caen en i836, était Docteur en Droit, très versé dans les sciences naturelles et fut organiste de Saint-Etienne, de Caen, de 1857 à 1875. C'est vers 1860 qu'il commença ses recherches persévérantes sur l'application de l'électricité aux grandes orgues, et se lia avec Barker par une collaboration toute scientifique et complètement désintéressée.

L'appareil électrique qu'il breveta en 1862 et i863, avec levier pneumatique intérieur et soupape à double eflFet, constitue le principe de toutes les variétés actuellement en usage ; l'action d'un électro sur une soupape à perforations miltioles est déjà décrite dans ces brevets. Les orgues de Saint-Laurent, de Salon {1866), et de Saint-Augustin, de Paris (1868). furent suivies des grandes orgues de Saint-Pierre, de Montrouge i86g, cù Peschard et Barker appliquèrent des moteurs pneumatiques en série, dont le p'us petit était commandé par un électro-aimant de très faible puissance ; disposition typique recopiée à l'envi, sous des noms dilîérents, par nombre de facteurs.

Quand Barker quitta la France, l'entretien des orgues de Saint-.\ugustin fut confié à M. Paul Férat, avec lequel M. Peschard réalisa l'es derniers modèles présentés ^i l'Exposition de 1900 ; perfectionnements qui obtinrent une médaille d'or. M. Peschard mourut en 1903.

Si Sir John Stainer et M. Best étaient allés à l'Église St-Laurent de Salon, en 188g, ils auraient trouvé l'orgue construit en 1866 par Peschard et Barker (donc le doyen des orgues électriques) fonctionnant sans interruption depuis 23 ans; j'ai moi-même revu cet orgue en 1912, il fonctionne très bien avec les électro-aimants, placés par Barker, 46 ans auparavant, et avec les contacts à mercure datant de la construction de l'orgue qui n'a jamais été restauré, mais simplement nettoyé.

C'est un orgue de 28 jeux à 2 claviers, qui sonne bien dans cette grande église à une seule nef ; il attaque vivement avec des électro-aimants, prenant 5 i 6 dixièmes d'ampère avec 8 volts, pour soulever directement la soupaoe de décharge d'un levier pneumatique renfermé dans la lave. Peschard et Barker construisirent aussi les orgues ae Saini-Augustin et de Montrouge à Paris, ce dernier fut incendié pendant le siège de 1870, par une bombe.

Ce que de modestes organistes de province, IVIM. Payen et Franc, ont S'i faire à Salon pour conserver cet orgue historique, aurait pu être sûrement réalisé à Saint-Augustin, à Paris, où le même système de transmission électrique qu'à Salon a été enlevé et remplacé par l'ancien levier pneumatique ; C' Hinton dans son « Story of Electric Organ » s'étonne de ce fait, qu'il appelle un «déplorable art of vandalism »,

Nous donnons les détails d'une des dispositions inventées et employées par Hope-Jones. Dans l'orgue, les fils arrivant du clavier sont reliés à de petits électro-aimants bobinés de façon à supprimer l'étincelle de rupture ; cet électro attire une mince rondelle de fer (d'environ 6 millimètres de diamètre) soulevée par la pression du vent et l'abaisse d'une distance inférieure à un centième de pouce soit ^ 1/2 de millimètre. Le fonctionnement est le suivant ; la boîte A est reliée à la soufflerie donc remplie d'air sous pression ; cet air passe entre les pôles de l'électro M, soulève et plaque le petit disque de fer J contre l'ouverture H, et d'autre part s'introduit, par le conduit

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L, dans le petit soufflet M, qui ainsi gonfle, ferme la soupape C I, et ouvre la soupape C 2. Dans ces conditions, le grand soufflet B s'aplatit et le tirage P, qui agit sur la soupape du sommier, remonte.

Maintenant, si un très faible courant est envoyé dans l'électro N, la petite rondelle armature J s'éloigne de H par l'attraction de N et retombe sur la lame de zinc K. Aussitôt l'air comprimé, gonflant le petit moteur M, s'échappe par le passage E M et à travers les trous H découverts par l'abaissement de J. L'air comprimé de la boîte A aplatit alors le petit moteur M qui, se relevant, ouvre par E la soupape de charge C 1, en fermant la soupape de décharge C 2 ; aussitôt le vent

de A rentre dans le moteur B, qui en se gonflant, tire le fil P, et par suite ouvre la soupape du sommier alimentant les tuyaux. Les ouvertures dans la pièce H, que vient boucher l'armature J, sont formées de petites fentes longues et étroites ; par suite le moindre abaissement de J, suffit pour ouvrir com-

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plètement 2 longues fentes formant décharge. Ce mouvement est de ^ de millimètre ; par suite J est toujours très rapproché des pôles de l'électro, et le moindre courant suffira, avec l'aide de la pesanteur, pour décoller J des ouvertures H. La plaque de zinc K, étant en contact intime avec les noyaux

de fer de lelectro, les empêche de se rouiller. Toutes les parties sont métalliques de façon que les variations de la température ne peuvent modifier leurs positions relatives.

R est le point de charnière du grand moteur B, G est un ressort maintenant la pièce H en position. O sont les câbles d'apport du courant ; CL la planche dévissable pour visiter le compartiment A. La figure 7 représente à plus grande échelle la plaque K dans laquelle les pôles de l'électro sont solidement fixés ; un morceau de fine mousseline M (indiquée par un trait un peu plus épais) empêche les grains de poussière de s'interposer entre l'armature de fer doux J et l'ouverture H Au-dessus de H, il y à aussi une autre pièce de mousseline pour empêcher l'arrivée de la poussière extérieure sur J : tout l'appareil étant métallique reste insensible aux variations de température et d'humidité.

L'emploi de l'électricité rend possible l'éloignement des claviers placés ainsi sur une console mobile, rattachée à l'instrument par un câble qui peut avoir aussi bien 50 pieds qu'un kilomètre de long ; cette disposition peut être vue au collège de la Ville de New-York, où la console de l'orgue (construit par M. Skinner) peut être transportée sur la plate-forme quand un organiste donne un récital et retirée quand la plate-forme doit être occupée par d'autres exécutants. Comme tout le vieux mécanisme : bascules abrégé, rouleaux, vergettes, est maintenant enlevé, on peut, en mettant la soufflerie à la cave, utiliser l'intérieur du soubassement du buffet comme un vestiaire pour les choristes : chose que fit Hope-Jones dans son premier orgue à Saint-Johns Birkenhead.

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