‹ Révolution récente dans la facture d'orgueChapitre 22 sur 50 · REGISTRATION DE LA PÉDALE · texte numérisé non relu

REGISTRATION DE LA PÉDALE

Pendant longtemps, il n'y eut aucun moyen de contrôler les jeux de la pédale et les accouplements, puis graduellement on voulut que les pistons et pédales de combinaisons du clavier de Grand Orgue d'abord, et des autres claviers ensuite, eussent une action sur les jeux de pédales et les accouplements, de façon à fournir une basse convenable pour chaque combinaison spéciale appelée sur les claviers manuels. D'abord ce fut un .système assez primitif, plutôt une gêne qu'une aide pour l'exécutant ; et malheureusement, pas mal de facteurs routiniers conservent ce vieux système, qui oblige souvent l'organiste à se priver de la pédale de combinaison (alors qu'il désirerait en user), par crainte de jeter le désarroi dans les jeux et accouplements du pédalier.

Le fameux organiste anglais W. T. Best, en parlant de ces systèmes, rappelait une pièce d'orgue bien connue : Le Concerto de flûte de Rinck, demandant de fréquents changements au Récit, et au Grand Orgue et vice versa ; et il ajoutait : je ne connais pas d'instrument sur lequel on puisse le faire aisément en Europe. Pour surmonter cette difficulté, on fit usage de deux claviers de pédales, l'un au-dessus de l'autre, disposition qui n'eut pas de succès. Le brevet de Hope-Jones (1889), qui applique aux pédales et aux boutons de combinaison la double touche, fut

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un progrès en permettant, par une pression légère, d'appeler seulement les jeux des manuels, puis, par une pression beaucoup plus forte sur la pédale ou piston de combinaison, d'introduire les jeux de pédales et les accouplements. Beaucoup de grands orgues modernes possèdent une pédale spéciale pour changer la tirasse de Grand Orgue. A défaut d'autres moyens, cette pédale est utile, mais c'est un pis aller.

Thomas Casson, de Denbigh, pays de Galles, inventa en 1884, le Duplication, système un peu encombrant mais artistique, il mit en double tous les boutons de jeux commandant les accouplements et les jeux de Pédales ; il mit une série avec les jeux de Grand Orgue, une autre avec les jeux du Récit, une troisième avec ceux du Positif ; puis au-dessous de chaque manuel il plaça son bouton spécial Aide de pédale « Pedal Help » ; en jouant sur le Grand Orgue et touchant le « Pedal Help », il appelait le groupe des jeux de Pédale placés dans la section des jeux du Grand Orgue ; en touchant le « Pedal Help » du Récit, le groupe des jeux de Pédales convenables pour le Grand Orgue disparaissait, étant remplacé par un groupe de jeux de Pédale convenables pour les jeux tirés au Récit.

De cette façon, on pouvait préparer à l'avance les jeux de Pédales convenant pour les jeux tirés à chaque clavier manuel, et, en louchant le Pedal Help, on appelait instantanément les jeux de Pédale convenables. Les pédales de combinaisons actionnant les boutons de jeux des manuels faisaient également mouvoir les boutons des jeux de Pédale correspondants.

Mais le plus simple et le meilleur moyen de venir en aide à l'organiste pour le contrôle des jeux tirés à la Pédale, est celui breveté par Hope-Jones en 1891 sous le nom de « Basse convenable automatique ». Dans ce système, au-dessus de chaque rangée des dièses, il y a une tablette basculante ; en la pressant modérément, elle met en mouvement les jeux de Pédale et les accouplements, formant une basse convenable pour les jeux tirés à ce manuel ; en la pressant plus fort elle reste bloquée, pour ne se décrocher que lorsque l'organiste touche la bascule de Basse automatique d'un autre clavier, ou même un autre jeu de Pédale. Quand la Basse automatique d'un manuel est ainsi bloquée, les jeux et accouplements de la Pédale sont mus automatiquement, de façon à donner toujours un groupe de jeux de Pédale d'une force convenable pour les jeux et les accouplements tirés sur chaque clavier manuel.

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En touchant la Basse Automatique d'un manuel, la tablette poussée à bloc pour un autre clavier est décrochée, et les jeux et accouplements de pédale seront de nouveau groupés pour former une basse convenable de ce dernier manuel, jusqu'à ce que la tablette de pression automatique pour ce clavier soit elle-même relevée. La Basse Automatique n'apporte aucun obstacle à l'usage normal des touches de jeux, ni des pédales ; car, dès que l'on abaisse une touche de jeu, la Basse Automatique est immédiatement dégagée ; les pédales et pistons de combinaisons ont aussi la double touche : une pression légère donne les jeux des manuels, une pression forte donne la pédale appropriée.

Dans les grandes orgues, deux ou trois pistons actionnés par la pression du pied, donnent aussi un contrôle indépendant des jeux de Pédale, ainsi si le pied enfonce un de ces pistons, immédiatement toutes les pédales automatiques bloquées sont dégagées, et de même tous les jeux de Pédale et accouplements que l'organiste avait déjà préparés pour ce bouton de pédale sont introduits. Le plan de Hope-jones semble laisser peu de place pour de nouveaux perfectionnements, et on le considère comme plus grande ressource mise à la disposition de l'exécutant, depuis l'invention des pédales de combinaison. M. Compton de Nottingham, facteur très progressif et très artiste, met déjà une Basse Convenable Automatique dans ses orgues et bientôt ce système sera généralement adopté (i).

M. Elliot Vice- Président de la « Austin Organ Co », à son retour d'Angleterre, nous disait que Compton était le facteur qui lui paraissait faire le travail le plus artistique en Angleterre ; M. Compton s'inspire beaucoup des idées de Hope-Jones, et il a le bénéfice des conseils et de l'assistance de Monsieur J. Martin White, un homme très épris des choses d'art, et grand actionnaire dans la réorganisation et l'agrandissement de la Société John Compton Limited.

(i) Les systèmes tubulaires et électriques pour tirer les jeux soit indépendamment, soit collectivement par groupes fixes ou groupes préparés ad libitum, soit par pédale de crescendo, permettent actuellement des solutions multiples pour fournir une pédale convenant aux jeux tirés à chaque manuel. Mais il est certain que les perfectionnements de M. Hope-Jones ont bien obtenu (notamment avec la double touche) la quintessence des solutions possibles en ce genre.

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