OPEN
FiG. 3
l'extrémité du levier G s'élève, la courroie F se raidit en ouvrant la soupape E ; immédiatement le souflet CC retombe en s'applatissant.
Le toucher d'un clavier d'orgue pouvait être rendu aussi doux que celui d'un piano, donc beaucoup plus' facile qu'avant le levier pneumatique. Cette invention qui fait époque, appliquée en 1832 a rendu possibles des perfectionnements extraordinaires ; au début elle fut l'objet d'un mépris, puis d'une opposition étrange. Les facteurs anglais ayant refusé de l'adopter, Barker vint en France,, il y trouva, dans la personne d'Aristide Cavaillé-Coll, un homme à vues moins bornées, quand Cavaillé-Coll eut pleinement démontré la valeur .pratique de
l'invention de Barker, Henry Villis et beaucoup d'autres s'occupèrent de son développement et bientôt surmontèrent toutes les difficultés de façon à faire adopter partout le levier de Barker.
Cette évolution, néanmoins, fut assez lente, et il y a 50 ans on ne trouvait le levier de Barker que dans quelques orgues de grande dimension ; la révolution récente dans la construction et dans la sonorité de l'orgue, dont traite ce livre, est basée : 1° Sur le levier pneumatique de Barker ; 2° Sur le système électro-pneumatique inventé par le français Peschard, de Caen, et réalisé pratiquement par son association avec Barker.
11 est bon de le faire remarquer : Tart de la facture d'orgue a fait plus de progrès dans ces cinquante dernières années, que dans les trois siècles précédents, nous sommes donc fondés à dire qu'une véritable révolution s'est produite et elle est loin d'être terminée. Comme chefs de ce mouvement révolutionnaire trois noms sont en première ligne : Henry Willis, Aristide Cavaillé-Coll et Robert Hope-Jones, d'autres ont apporté des contributions d'importance secondaire notamment Hill Borne, L. Roosevelt, mais c'est grâce aux inventions géniales des trois grands hommes précités que la facture d'orgue moderne se trouve où elle en est aujourd'hui (i).
Nous nous proposons : i» D'énumérer et de décrire les inventions et perfectionnements qui ont entièrement transformé l'instrument ; 2" D'exposer les étapes de cette révolution en Amérique ; 3» De décrire les faits et gestes des chefs de ce mouvement.
Au milieu du XIX™« siècle, toutes les orgues employaient du vent à faible pression, entre 37 et 75 millimètres de hauteur de colonne d'eau ; Mais il faut dire que, dès 1833, le célèbre facteur William Hill avait déjà mis dans son orgue du Town Hall de Birmingham, un tuba parlant avec 22 centimètres, et de même Willis, Cavaillé-Coll, Gray et Davidson et bien d'autres employèrent exceptionnellement du vent fort pour certains jeux d'anches dans leur plus grandes orgues ; mais 99 % des orgues à cette époque avaient des pressions voisines de 86 millimètres.
(1) Il me semble que le terme «inventions géniales» s'applique aussi très bien au levier pneumatique de Barker, au tubulaire aspirant de Moitessier, et à la transmission électro-pneumatique, de Peschard ; sans ces trois véritables inventeurs, que serait l'orgue moderne ? — D' G. B.
On trouvait alors beaucoup d'orgues qui exigeaient une pression du doigt de 20 onces (560 gr.) pour abaisser une touche avec les claviers accouplés ; il n'était pas rare de trouver cette pression de 50 onces (1.400 gr.) et plus pour les notes graves ! Actuellement la pression nécessaire est entre trois et quatre onces, mais nous connaissons encore un orgue à New-York, n'exigeant pas moins de 40 onces (i . 1 20 gr.) pour les notes graves.
L'étendue du clavier de ces vieilles orgues dépassait rarement le fa ou le sol aigu, quoique descendant souvent au G grave. L'orgue de Great Homer Street Wesleyan Chapel de Liverpool, avait des claviers descendant jusqu'à l'ut de 16 pieds, il fut construit pour un organiste qui, ne pouvant pas jouer des pédales, obtenait ainsi les 16 pieds, à la main ; le vieil orgue de Trinity Church à New- York avait aussi la même étendue ; il était habituel de supprimer par économie les tuyaux
FiG. 4
de l'octave la plus grave de pas mal de jeux, qui n'avaient ainsi pas de basse ; souvent enfin, les claviers secondaires ne descendaient pas au-dessous de quatre pieds. (Ténor C des anglais). L'étendue du clavier de pédale (quand il y en avait) variait d'une octave, à 2 octaves 1/4; les touches en étaient presque toujours droites et l'ensemble du pédalier, plat.