CHAPITRE III
De même que nous ne voyons plus quatre matelots manœuvrer la roue du gouvernail d'un paquebot, depuis que les gouvernails à vapeur ont rendu inutile un aussi grand déploiement des forces humaines, de même un facteur d'orgue de la ville de Bath, l'Anglais Charles Spachman Barker, eut l'idée d'utiliser la force de l'air comprimé lui-même, pour vaincre la résistance de cet air comprimé contre les soupapes du sommier ; cette disposition est connue sous le nom de levier ou machine pneumatique.
Elle consiste en un petit soufflet de 20 centimètres de long, interposé entre la soupape et le clavier ; la force pour abaisser la touche est alors réduite au très léger effort utile pour ouvrir une petite soupape de 12 millimètres de large, laquelle introduit du vent dans ce petit soufflet ; celui-ci, gonflé subitement par le vent, tire la soupape, en faisant ainsi toute la partie dure du travail. La fig. 3, représentant le levier pneumatique perfectionné par le célèbre facteur Anglais Henri Willis, montre le cycle de l'opération
Quand le doigt ou le pied presse sur une touche reliée avec K, le bout extérieur du levier G G est abaissé, en ouvrant la soupape P. 1° L'air comprimé dans le compartiment A (laye) pénètre alors par le trou B dans le soufflet C qui, se gonflant, élève avec lui tout le mécanisme rattaché à sa face supérieure par L ;
2° A mesure que le dessus de CC monte, il élève et ferme la
soupape D réglée, le laiton fileté M, et ainsi empêche toute entrée de vent supplémentaire venant du compartiment B ;
30 L'action de la touche sur G qui a ouvert la soupape P, a en même temps causé la fermeture de la soupape de décharge en détendant la courroie F ; de cette façon l'air comprimé admis dans le compartiment B ne peut s'échapper.
D'autre part, quand le doigt cesse de presser sur la touche,