LIVRE V
ments russes sur les frontières. Catherine profita de cette demande de son ambassadeur ; et afin d'accorder en même temps quelque chose à la demande de son ancien, amant , joignant une ruse de femme à «elle d'un négociateur, elle imagina de faire passer de Kourlande en Ukraine un corps de troupes par la province de Lithuanie. On devait laisser croire en Russie et déclarer à toutes les puissances de l'Europe, que la marche de ces troupes était un simple passage sur les frontières de Pologne , pour aller d'une province russe dans une autre; et par des déclarations qu'on laisserait courir en Pologne sur tous les griefs qu'on imaginerait , on chercherait à y répandre l'opinion que c'était véritablement une attaque , ou du moins que ces troupes marchaient au secours de la faction Czartoryski. Du sein de ses propres inquiétudes , Catherine essayait ainsi de jeter le trouble chez ses voisins , persuadée, par des récits infidèles, que tous les Polonais allaient ou se disperser devant ses troupes , ou se soulever contre leur roi, et que d'un souffle elle allait exciter des tempêtes,