LIVRE I
c'est que Thistoire peut, en quelque sorte, recueillir sur la place publique les plus secrètes pensées de ces infortunés républicains. En parlant de la cour de Russie , j'éprouverai une difficulté entièrement opposée ; ce ne sont plus de grands mouvements populaires à décrire, mais des .anecdotes à dévoiler. Comment pénétrer dans ces cabinets mystérieux où , du sein des voluptés, un despote présidait à la destinée de tant de peuples ; où la [)olitique et le plaisir cachés sous les mêmes voiles , au lieu de régner ensemble , sont presque toujours détruits Tun par Fautre ? Maïs ces viles anecdotes, dignes seulement de nous intéresser en ce qu'elles ont influé sur les événements publics, au milieu d'aune cour corrompue, ont toujours été avouées par la licence, ou pénétrées par rintrigue. De longs voyages entrepris à dessein de connaître par nioi-méme presque toutes les cours , les souverains et les ministres que j'aurai à peindre, mes liaisons personnelles avec les chefs des factions opposées , la com^ tnunication des mémoires les plus sûrs et des innombrables relations envoyées de tous les pays au ministère de France, Ri*autoriseront à parler avec eertitude de la plupart des événements, des intrigues et des caractères.