‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 154 sur 154 · XXXIII. Effroi général en apprenant la mort du roi · texte numérisé non relu

XXXIII. Effroi général en apprenant la mort du roi

Aussitôt qu'à Varsovie on eut appris la mort du roi, la crainte qui s'empara de tous les esprits, rendit sa mémoire plus chère que sa personne ne Tavait été. Le pressentiment des maux auxquels on s'attendait lit donner des regrets à sa perte ; et comme si on eût voulu, dans ces premiers ins-

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tants, se dissimuler les véritables motifs de cette coustëruation généif'aie, on semblait les chercher dans le souvenir des bonnes qualités de ce prince. On disait que ceux même qui étahsnt devenus ses plus cruels ennemis avaient dû leur fortune à ses bîenraits; On ajoutait qu'un règne si long n'avait été trdublé ni par aucune guerte, ni par aucune de tes confédérations à fréquentes sous lesautres rois.Mais ces regrets apparents firent bientôt place au sentiment plus réel de Tépouvante« Cette foule de citoyens à qui leur médiocrité ne laisse dans ces| Crises publiques aucun dessein à former^ se rappelaient entre eux les malheurs des derniers interrèpes. Les vieillards renouvelaient, par des récits effrayants, Tborreur des révolutions passées, et la comparaison des temps leur en faisait prévoir de plus déplorables. La nation s'apercevait enCn qu'elle était entièrement désarmée. Cette longue et trompeuse tranquillité de la république n'avait laissé , dans tous les grands emplois, que des hommes vieillis dans le luxe et dans toutes les commodités de la vie. La génération présente, élevée dans l'ombre de la paix, voyait, en gémissaut, le repos dont elle avait joui près de s'évanouir. Chacun cherchant les asiles les plus respectés, faisait porter dans les couvents ses effets les plus précieux. Chacun s'occupait tristement d'un avenir funeste*, doiit la rivalité des grandes familles parvenue aux derniers excès, l'ambition des étrangers prêts a envahir la république , et l'affaiblissement des mœurs générales, faisaient prévoir toutes les calamités. Le courrier chargé de porter à Varsovie cette nouvelle de la mort du roi avait passé, pendant la nuit, par la ville de Pétrikau et remis des lettres au comte Potoçki. C'était la surveille du jour où le tribunal devait être formé ; et ce palatin garda plus de vingt-quatre heures' le secret de cette mort, soit qu'il voulût par cette conduite faire perdre du temps à la maisou Czartoryski, dont les chefs les plus actifs étaient rassemblés

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dans eette viHe, soit que, profitant de la supériorité de sod parti sur le leur, il voulût , comme ils le lui ont reprodié depuis^ profiter de cette occasion, pour le faire massacrer, soit enfin que vingt projets différents passassent à la fois dans son esprit, et que, suivant son irrésolution naturelle, î) perdît le temps sans en exécuter aucun. Cent lettres écritea de Varsovie à Pétrikau y apprirent enfin cette nouvelle^ Le primat, qui avait déjà pris en main le gouvernement du royaume, demanda que le tribunal,^ objet de tant de rivalilés, ne fût point formé ; puisque toutes les autorités qui émanent de celle du roi cessent aussitôt que sa mort es| notifiée dans les formes, et qu'il faudrait bienliôt nommer d'autres juges pour les tribunaux du deuil. Miais déjà, sur cette nouvelle, tous les chefs se dispersaient d'eux-mêmes, et abandonnaient cette ville, pour veiller ailleurs à. de plu3. grands intérêts.

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