LIVRE V. 31 d
XXXIi. Mort du comte JBrHlh.
Le comte Brulh voyait aussi approcher le terme de sa maladie; attaqué depuis longtemps d'une langueur mortelle, il n'avait pris aucun des soins que sa santé affaiblie aurait demandés; et dans un temps où toute la Pologne imputais à son crédit auprès du roi tous les malheurs publics, il avait cru devoir dissimuler ses maux et redoubler ses assi* duités auprès de son maître. Ce fut Thonneur de recevoir le roi dans une de ses maisons qui acheva d'épuiser entièrement ses forces. A peine Auguste fut-il expiré, le comte Brulh, tout mourant qu'il était, fit un nouvel effort, et dans Fespérance de rester premier ministre de Saxe sous un autre règne, il vint travailler avec le jeune électeur. Mais ce prince lui demanda sa démission et lui conserva, par respect pour la mémoire du roi, une pension considérable. Après avoir ainsi survécu à son maître assez de temps pour être dépouillé de ses emplois , en succombant au chagrin de sa disgrâce , il supporta avec courage les dernières approches de la mort, et ayant fait apporter le plus délicieux vin de Hongrie, il expira en .le buvant à la santé de ses amis.