XI. Leur ambition toujours semblable
Leur ambition commença avec leur puissance; et nous
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sommes dans l'erreur lorsque, éblouis de la gloire de Pierre F', nous regardons Tambition de son peuple comme la suite et Teffet de son règne. La présomption, qui d'ordinaire accompagne les premiers succès, se joignit à Tidée excessive qu'ils avaient du pouvoir de leurs princes. « Ils se crurent , disent les voyageurs de ce temps-là (1), le plus saoant et le plus puissant de tous les peuples. » Y van, qui commença à régner en 1532, se crut encore, comme autrefois Roman, choisi de Dieu pour porter la vraie religion dans tout Tunivers ; et ce barbare se fit annoncer à ses voisins en Europe comme descendant d'un frère de Tempereur Auguste. Il se jeta sur la Livonie, et parvint à s'établir sur les bords de la mer Baltique. Ce fut le commencement d'une guerre opiniâtre où l'Europe apprit avec étonnement le fanatisme de ces soldats esclaves. On vit dans les villes assiégées, réduites à la plus affreuse famine, les restes niourants de leurs garnisons, craindre seulement que leur dernier soupir ne fût pas rendu sous l'obéissance du tzar. On vit plusieurs Russes, après que leurs villes eurent été emportées de vive force, pouvant trouver chez des peuples libres des établissements heureux, les refuser; et certains que le tzar les ferait nH)urir dans les plus cruels supplices, s'empresser de se remettre en sa puissance : espèce d'héroïsme qu'on admire avec horreur, parce qu'il n'a pour principe que la plus vile des superstitions, et qu'on parvient enfin à mépriser, en considérant qu'où il existe, aucun talent ne peut se former, aucun génie ne peut s'élever, et qu^il peut même se trouver joint à la plus grande lâcheté personnelle.
(I) D*HerbesteiD, Possevin, etc.
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