‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 74 sur 154 · XXIII . Leur dépendance delà Russie · texte numérisé non relu

XXIII . Leur dépendance delà Russie

Le maître et le favori n'avaient point d'autre système politique qu'une dépendance entière de la Russie. Ils saisissaient avec adresse toutes tes occasions de capter la bienveillance de cette cour. Dès que Timpératrice avait souri à un jeune homme , ils en étaient soigneusement informés. Le cordon de Pologne était devenu en quelque sorte le premier degré des honneurs russes et le premier indice d'un crédit naissant à Pétersbourg. De Varsovie on mandait fidèlement aux autres cours toutes les nouvelles de Russie ; c'était pour cet empire comme la capitale d'une province éloignée. Quelques Polonais s'affligeaient de ces bassesses ; mais comme faire sa fortune et celle de sa famille était devenu sous ce règne l'occupation générale , la plupart allaient chercher la faveur à sa source. Ils voyageaient à la cour de Russie; les viles intrigues des courtisans russes se conservaient à Varsovie en anecdotes , pour l'instruction de la jeune noblesse et comme une science utile à l'ambition. Rrulh s'applaudissait de sa politique ; il croyait par l'adresse de ses négociations s'être assuré de tout ce qui avait du crédit auprès de la tzarine. Mais le grand chancelier Bestucheff se servait de lui comme d'un espion subalterne, dans les affaires générales de l'Europe, et profitait de la déférence du ministre saxon pour vendre en concurrence avec lui les starosties et les dignités polonaises ; et beaucoup de gens ont pensé que le premier ministre russe n'avait point d'autre vue sur ce royaume que d'y entretenir son crédit pour celte vente même.

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