‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 79 sur 154 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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primat du royaume, un autre en était grand général. Ils reconnaissaient la nécessité absolue d*abolir eette foHe loi de l'unanimité; mais ils trouvaient dans une réforme si nécessaire un inconvénient plus dangereux peut-être que tous les désordres actuels. Établir dans les diètes la pluralité des suffrages, c'eût été, dans la constitution présente, ouvrir uni chemin au despotisme , parce que le roi disposant de toutes les grâces, et les Polonais étant toujours avides d'en obtenir de nouvelles, il aurait toujours en main un moyen infaillible de gagner le plus grand nombre. Cette maison regardant la liberté comme le premier des biens, et l'obligation de la conserver dans sa patrie comme le premier des devoirs, voulait, en abrogeant la loi de l'unanimité, former une autre barrière contre Tautorité royale , par de nouvelles lois sur la distribution des grâces. Ils se proposaient d'établir un conseil permanent et souverain , auquel serait confié la nomination de tous les emplois , seul changement que la nation , à ce qu'ils croyaient, pût jamais agréer, parce que cet établissement nouveau flatterait l'ambition des grands , que leur crédit entraînerait le suffrage de leurs cliens, et que ceux-ci espéreraient assurer leur propre fortune , en assurant celle de leurs protecteurs. Une première tentative, faite en 1 742, avait échoué. Ils avaient cru , à cette époque, pouvoir saisir une occasion favorable que leur offraient en apparence les révolutions arrivées récemment eu Russie, et qui, en occupant cette cour de ses propres embarras, auraient pu la distraire de ce qui se passerait en Pologne. Mais ces révolutions , fatales aux souverains seuls et au ministère , n'avaient point troublé l'empire russe. La tentative -de ces zélés citoyens n'avait eu aucune suite ; et leurs mesures ayant été si secrètes qu'elles n'avaient causé dans la république aucune commotion violente , ils attendaient du temps quelqu'autre occasion plus réelle. Ils rc-

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mettaient du moins leurs nouvelles tentatives à Tinterrègne, époque toujours marquée pour les réforoïes à faire dans l«s lois, et que les accidents où la santé du ror paraissait exposée faisaient chaque jour envisager comme prochaine. Une famille non moins puissante, et alors phis accréditée à la cour, méditait phis secrètement encore un dessein entièrement opposé. lies princes Czartoryski , que l'ancienne grandeur de leur maison portait à s'élever au-dessus de l'égalité républicaine, accusant en toute rencontre les vices de leurs concitoyens^ ne les croyant plus dignes de se gouverner eux-mêmes, avaient conçu le projet de changer le gouvernement en une véritable monarchie; ils se persuadaient qu'un conseil permanent pour la distribution des grâces ne serait qu'une occasion perpétuelle de factions ; que si la nation eût été vertueuse , il eût été inutile- d'y faire des réformes y que les vices mêmes qui rendaient ces réformes nécessaires devaient en déterminer la nature ; enGn, que la Pologne était trop étendue, ses mœurs trop dégénérées, ses voisins trop puissants , pour qu'elle restât avec sécurité sous un gouvernement républicain. Abolir Funanimité, augmenter les prérogatives royales, rendre la couronne héréditaire, restreindre l'autorité des premiers emplois , augmenter celle des tribunaux, abaisser la puissance des grandes maisons, c'était le projet des prmces Czartoryski. Ils en suivaient l'exécution avec d'autant plus d'artifice , qu'ils avaient conçu l'espérance de former cetto monarchie pour euxmêmes ; qu'un pareil changement devait être en horreur à une nation si éperduement éprise de sa liberté, et qu'ils osaient se flatter d'employer pour l'y contraindre le concours même de la Russie, sans que cette cour,, ignorante et vénale, soupçonnât l'usage qu'ils feraient des forces qu'elle leur confierait. Une telle entreprise ne pouvait êtare conduite par des mains plus téméraires.

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