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ploi d*économe dans une terre de cette maison. Celui dont nous parlons,, annonçant dès Tenfance le caractère et le génie le plus heureux, avait reçu, par les bienfaits des Sapiéha, une éducation distinguée. 11 avait suivi comme page, dans les pay« étrangers, un seigneur de cette famille. À son retour, Charles XII étant déjà entré en Pologne, et les Sapiéha ayant embrassé le parti de ce roi , ils le lui envoyèrent pour traiter de leurs affaires. Dans cette négociation il plut a Charles XII , et avec Tagrément de ses premiers maîtres, il s'attacha à leur protecteur. Ce fut lui qui, après la défaite de Pultawa, conduisit en Turquie la fuite de ce prince. Ce fut lui qui souleva cet empire contre les Russes, et fut ainsi le premier auteur du traité qui défendait pour jamais aux Russes toute entrée en Pologne, bien éloigné de prévoir que leurs armées dussent un jour envahir la république pour placer son fils sur le trône. A la mort de Charles XII, Poniatowski, sans asile, vint avec une gén&p reuse conQance se présenter au roi Auguste II, et lui dit : « J'étais trop jeune pour faire choix d'un parti quand le roi de Suède, vous faisant la guerre, me demanda au seigneur à qui j'étais attaché ; depuis ce temps ma fortune fut de lui plaire, mon devoir de le servir ; aujourd'hui que sa mort me rend à moi-même, je ne reconnais plus d'autre maître que votre majesté ». Le roi, le pressant entre ses bras, lui répondit : « C'est un grand bonheur d'être servi par un homme tel que vous » ; et depuis ce moment il le combla constamment de bienfaits.
Les princes Czartoryski désapprouvèrent hautement le mariage de leur sœur avec cet homme: mais, profitant du bruit de sa grossesse, il parvint à se réconcilier avec eux, et leur réunion ne tarda pas à former une faction puissante et qui devint bientôt redoutable à toute la république. Dans une nation inconstante et divisée , ils suivirent toujours le même sys-
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tème, et demeurèrent toujours unis. Leur mère , daDS une vieillesse avancée, présidait a tous leurs desseins. Un Jour marqué de chaque semaine, ils se rassemblaient chez elle, pour concerter sous ses yeux toutes leurs entreprises ; elle avait commencé leur fortune : elle jouissait de son ouvrage. Les Russes n'avaient point eu d'abord d'ennemi plus opiniâtres ; et quand Stanislas revint disputer la couronne au nouvel électeur de Saxe , Poniatowski, autrefois son capitaine des gardes, et désormais assez considérable dans son pays pour être un chef de parti, reprit encore les mêmes engagements et le même zèle. Les princes Czartor}'ski employèrent leurs talents à le seconder, soit qu'ils youlussent assurer l'indépendance de leur patrie contre l'opposition des Russes, soit qu'ils eussent déjà le projet d'aplanir pour eux-mêmes le chemin du trône, en l'ouvrant au seul Polonais qui paraissait alors pouvoir y monter. Stanislas, dans sa bonne et sa mauvaise fortune, n'eut point de sujets et d*amis plus fidèles; mais après les traités de paix, leur ressentiment contre la France, qui les avait abandonnés^ se changea en une violente haine. Ils envoyèrent acheter la bienveillance de la cour de Russie; ce fut de sa faveur qu'ils attendirent désormais tout leur crédit : et dès lors ils conçurent ce dessein hardi et dangereux que nous avons commencé à développer. Ils crurent que la Pologne n'avait plus d*autre voie de salut que de tromper la défiance de cette cour ombrageuse, par une soumission apparente à tous ses caprices , d'éluder par un asservissement volontaire la pesanteur de son joug, de prévenir ainsi les efforts qu'elle pourrait faire pour étendre et affermir son autorité. La vénalité, l'ignorance et l'ineptie du ministère russe leur persuadèrent qu'ils pourraient aisément l'engager dans des démarches utiles à la Pologne, et dont ces barbares ne pénétreraient pas l'objet. Tel fut le but secret de toutes leurs
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démarches ; et bientôt leur habileté leur donna la faveur intime du roi qu'ils avaient combattu. Mais, en paraissant s'attacher au système politique que suivait la maison de Saxe, ils formaient des liaisons particulières dans les cours de Russie, d'Angleterre et d'Autriche ; Poniatowski , leur conseil, vieillissait dans les honneurs et la tranquilité, pendant que les deux Czartoryski étaient devenus les véritables maîtres de la cour.