‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 98 sur 154 · V. Disgrâce de Bestucheff · texte numérisé non relu

V. Disgrâce de Bestucheff

Mais déjà Bestucheff, leur conGdent et leur unique soutien, sentait toutes les approches de la disgrâce. Sa souveraine , quoique toujours indécise , ne lui montrait plus qu*un visage glacé. Les courtisans évitaient avec soin sa rencontre. Il résolut de s'enfermer pour laisser passer cette tempête. H voulut imiter un de ses prédécesseurs , qui, abandonnant toutes les affaires à ses rivaux, contreGt le malade un an entier pour leur donner l'espérance prochaine de sa mort, laisser leur crédit s'épuiser^ et attendre les vicissitudes de la cour. Mais les deux ambassadeurs réunis redoublèrent d'efforts pour lui enlever cette dernière ressource ; et enfin trois ordres consécutifs le forcèrent à se rendre au conseil. 11 disait à ses confidents : « Vous le voyez , dès qu^une af-

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faire Importante survient, ils sont obligés d'en revenir à moi ! » Mais à peine fut«i] entré dans la salle du conseil , on lui demanda ses cordons et son épée. Il pâlit , et dit : « Que la volonté de l'impératrice soit faite. » Il eut d'abord son hôtel pour prison , et choisit pour asile une cave, dont, pendant sa fortune, il avait fait un lieu de plaisir , et dont tous les tonneaux étaient liés de cerceaux d'argent. Il n'en sortit que pour être conduit en exil dans ses terres.

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