‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 1 sur 184 · I. Caractère et conduite du primat Lubienski · texte numérisé non relu

I. Caractère et conduite du primat Lubienski

L'unique soin du primat devenu chef de la république, fut de chercher à concilier tous les différends qui divisaient les familles. Lubienski, archevêque de Gnesno et primat de Pologne, était un homme faible, irrésolu, élevé par la maison de Saxe à cette importante dignité, parce qu'il pouvait être facilement gouverné; mais toutes les circonstances étant changées, ce furent les ennemis de cette maison qui le gouvernèrent. Ses intentions étaient droites, ses vues étaient bornées. A mesure que les sénateurs arrivaient à Vôrsovie, il entrait dans tous les détails de leurs animo sites partieu-

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Hères ; et pour étouffer dans leurs principes les moindres germes de division, il donnait beaucoup d'importance à une infinité de petites affaires. La Pologne, dans Tanarchie , ne pouvait être sauvée qu'en y formant un parti puissant ; et lui, au contraire, n'imaginait aucun autre bien à faire dans rÉtat, que d'y maintenir la tranquillité. Tous ses soins tendirent constamment à la paix, dans un temps où on n'aurait pu la conserver que par une entière soumission aux volontés d'une puissance étrangère.

Pendant les derniers siècles, la couronne de Pologne avait toujours été un objet d'émulation et de concurrence entre les grands de cette république, les souverains de contrées voisines, et tout ce qu'il y avait en Europe, ou de généraux illustres par leurs victoires, ou de jeunes princes sans États, mais annoncés par l'éclat de leurs actions. Pendant toute la durée des interrègnes, c'était un grand et singulier spectacle que les assemblées de cette nation, où les envoyés de cette multitude de concurrents venaient briguer pour leurs maîtres, les suffrages de cette noblesse belliqueuse, en exposant à l'envi ce que chacun avait fait d'héroïque, les vertus qui le rendaient digne du trône, et les différents avantages que son élévation promettait au royaume. On ne vit point cette fois une si belle concurrence ; et sous le despotisme russe, ee champ d'honneur se trouva fermé.

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