II. Le nouvel électeur de Saxe se présente pour candidat
Le nouvel électeur de Saxe, né avec un corps débile et contrefait, fut le seul étranger qui s'offrit. Ses infirmités tenant à des vices de conformation, ne lui laissaient aucun espoir d'acquérir ni force ni santé. Tous les soins de l'administration étaient entre les mains de sou épouse, et depuis
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longtemps cette princesse s'occupait nuit et jour de trouver quelque moyen de devenir reine. Alliée de près à tous les souverains de l'Europe, ses talents dans tous les arts agréables, l'activité excessive de son esprit, et la grande facilité de ses mœurs lui avaient procuré une inGnité de correspondances intimes ; elle remplit toutes les cours de ses sollicitations et tous les cabinets de ses lettres.
m. Insinuations de Keifserling et ses premières démarches.
Le vieil ambassadeur Keyserling ne recevait de sa cour aucune instruction nouvelle ; mais il prenait pour règle les ordres qu'il avait reçus à son départ de Russie. Il ne tarda pas à insinuer dans tous ses entretiens, que la Russie voulait voir un Polonais sur le trône. « Il était temps, disait-il, d'interrompre une succession qui deviendrait enfin dangereuse pour la liberté, si elle se maintenait encore cette foisci, dans la famille des derniers rois ; et rien n'était plus honorable pour la noblesse polonaise , que l'intention où était la tzarine de faire revivre les droits que les moindres d'entre eux avaient également à la couronne. » Sa première démarche publique fut d'annoncer qu'il avait reçu toutes les sommes nécessaires pour acquitter les anciennes dettes de Tarroée russe. On s'étonna d'autant moins de voir ces remboursements toujours si vainement sollicités , annoncés dans les conjonctures présentes, que le primat avait, sur ces indemnités, douze mille ducats à prétendre. C'était un moyen bien simple de le gagner ; et pour séduire un homme natureUement honnête, la corruption commençait à se reproduire sous l'apparence de la justice.
BEVOLUTîONS DE POLOGNE