‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 118 sur 184 · LIVRE fVII. 24a · texte numérisé non relu

LIVRE fVII. 24a

Il déplora les malheurs de la patrie^ il dit qu'il était étonné que les pleurs et les gémissements du peuple ne parvinssent pas aux oreilles du roi ; qu'il était inutile de détailler les outrages auxquels chacun d'eux avait été personnellement exposé dans les dernières diètes, et les calamités dont toutes les provinces avaient été également témoins ; que le> seul palatinat dont il était député, avait éki librement ses nonces; qu'il ne savait à quoi attribuer ce bonheur, ou à la fermeté des citoyens, ou à la situation de cette pro^ vince voisine des Turks : mais enfin, qu'élu librement, il croyait être plus particulièrement chargé de représenter la patrie. 11 exhorta les nonces mêmes que les Russes avaient lait élire, a leur montrer combien ils s'étaient trompés en croyant trouver en eux des âmes lâches et des traîtres, a se laver de l'espèce d'opprobre d'avoir été indiqués par les. eaoemis de la liberté. l\ protesta que pour lui personnelle^ inent il était prêt à souffrir et sa ruine, et la captivité, et la mort; que puisqu'il avait été élu librement, son oppositioa eonstante serait une preuve des sentiments que conservaient tous les citoyens libres au nom desquels il s'était chargé de porter 1b parole. Ce nonce était fils du palatin de Kriikovie^ qui dans la séance précédente avait rappelé aux Polonais cequ'ils devaient à la glaire de leurs ancêtres.

Dans plusieurs autres discours, la majesté du trône ne* put garantir le roi des reproches les plus amers; on lui fit sentir qu'on le regardait eomme l'auteur et ia cause de tous les maux dont la rét)ublique gémissait. Au milieu de cetteopposition unanime, un frère du roi, le grand<<hambellan> Poniatowski, après avoir loué le zèle de tous ceux qui> avaient parlé avant lui, et se disant animé du même zèle,^ avança toujours avec effronterie vers le but de l'ambassa^ deur russe. Il proposa, en paraissant céder un peu à Tin^ quiétude générale^ quele projet fûit imprimé et communiqué

^4 BEVOLUTTOiNS DE POLOGNE.

aux états, eomme on le demandait ; il ajouta qu*on devait y joindre le projet du plein pouvoir que la diète donnerait aux commissaires, et qui les autoriserait à négocier avec les ministres étrangers. Après quelques répliques tumultueuses, le maréchal déclara que pour- dissiper l'inquiétude des états, il consentait à ce que le projet fût imprimé. Radzivill exécutait tout avec une résignation morne^; il répétait ce qu'on lui faisait dire ; il proposait, et aux moindres objections ne répliquait jamais. Le roi , sous prétexte de^ donner le temps d'examiner ces pièces importantes, remit la prochaine séance à six jours aprè&.

Page 1