‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 139 sur 184 · IV. T(ms deux forment la confédération de Bar, et prennent · texte numérisé non relu

IV. T(ms deux forment la confédération de Bar, et prennent

les armes contre la Russie.

Pulaski emmena avec lui trois fils et son neveu. Il les conduisit sur une de ses terres à quelques lieues de Varsovie. Ce fut là que malgré leur extrême jeunesse, il leur confia son dessein. Il fixa leurs yeux sur cette perspective de gloire réservée aux libérateurs des nations ; mais il ne leur dissimula pas les malheurs qui attendent ceux qui échouent dans ces grandes entreprises, et l'ingratitude des hommes envers les infortunés vengeurs de Thumanité. Il y dit les derniers adieux à son épouse, qui consacra courageusement sa famille entière au service de la patrie. Il envoya devanblui les deux plus âgés de ses enfants. Le premier, plus capable de négociations et d'affaires, devait voir les gentilshommes des contrées où on avait dessein de former la confédération. Le second devait rassembler dans les terres de sa famille cent cinquante Kosaks qui composaient toutes ses troupes, et les amener au rendez-vous. Ou avait d'abord choisi pour ce rendez-vous la ville de Léopol, capitale de la Russie polonaise, ville ancienne et riche, où la noblesse de toutes les parties du royaume avait coutume de se rendre annuellement pour traiter de ses affaires économiques, où les grands seigneurs avaient chacun leur hôtel, leurs correspondants, les administrateurs de leurs biens. Pulaski et Krasinski s'y

292 B ÉVOLUTION s DE POLOGNE.

étant rendus séparément vers le commencement de février 17G8, y trouvèrent beaucoup de faveur parmi les grands du pays. Les lettres de Tarchevêque de cette ville les y accréditaient. Quelques-unes des dames les plus distinguées mirent tous leurs bijoux en gage entre les mains des Juifs, pour augmenter les premiers fonds d'une si grande entreprise. Mais le commandant deLéopol, homme dévoué au roi, était très-attentif à tout ce qui se passait dans retendue de son commandement. L'arrivée inattendue de Pulaski et", de Krasinski les lui rendit suspects. Ils ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'ils étaient observés, et résolurent de quitter cette capitale. Ils se rendirent à Bar, petite ville de la Podolie, à cinq lieues de Kamienieç, et à sept lieues des frontières turques. Les premiers confédérés s'y assemblèrent au nombre de huit seulement, le 29 février 1768 ; mais plus de trois cents gentilshommes de ces contrées avaient donné leur parole. Ils choisirent exprès cette époque , parce que les plus grandes forces des Russes étant appelées alors aux environs de Varsovie pour maintenir la diète dans l'obéissance, ils devaient avoir plus de temps pour agir, et un plus grand espace du pays libre devant eux. Le comte Krasinski, les cinq Pulaski et deux autres gentilshommes signèrent un premier acte, par lequel ils renouvelèrent la confédération de Radom sous le maréchalat du prince Radzivill. Cet acte fut tenu extrêmement secret, parce que ce prince était encore au pouvoir des Russes. Krasinski fut nommé son substitut. Mais par un second acte destiné à être public, Krasinski fut nommé maréchal de la confédération et Pulaski maréchal des troupes. Leur manifeste, plein d'éloquence, portait principalement sur ce que l'impératrice, en garantissant les nouvelles lois à perpétuité, ôtait à la Pologne le droit de législation. Ils appelaient l'univers à témoin de l'obligation indispensable où ils étaient de repousser

Page 1