‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 19 sur 184 · XX. Conduite de la France et de l'Autriche · texte numérisé non relu

XX. Conduite de la France et de l'Autriche

Toutefois, les cours de France et d'Autriche n'ajoutèrent aucune foi à ce dessein. En vain d'habiles ambassadeurs les en avaient depuis longtemps prévenues ; elles avaient toujours confondu cette prévoyance avec ces frivoles spéculations politiques dont la nécessité de leur écrire toutes les semaines grossit les dépêches d'un si grand nombre de négociateurs, correspondances presque toujours aussi futiles que le public les croit importantes, et dans lesquelles tous les possibles se trouvent combinés avec la plus vaine subtilité. Ces deux cours, où les idées d'une naissance illustre et d'une ancienne origine ont tant d'influence sur les mœurs, et dont les opinions sur les différents états de la vie ne sont point prises dans ces fréquentes révolutions auxquelles les pays orientaux sontaccoutumés, ne voyaient dans l'élévation de Poniatowski

qu'une prostitution de la grandeur royale, et ne pouTaient se persuader qu'une souveraine eût conçu un sembïable projfit. Toutes deux, unies à la maison de Saxe par les Irens du sang, lui accordèrent leur recommandation auprès des Polonais ; mais, résolues d'éviter tout ce qui pourrait donner lieu à de nouveaux troubles, elles annoncèrent qu'elles ne vouFaient gêner en rien la liberté des suffrages. Dans ia conduite de ces deux cours, qui paraissait abso* lunient la même, il entrait des vues différentes. La France, que ses anciennes querelles avec la maison d'Autriche avait rendue depuis deux ^ècles l'alliée de tous les peuples maintenant opprimés par la Russie, voyait avec une jalouse inquiétude, cette puissance nouvelle usurper la domination du Nord. Elle aurait voulu l'abaisser, ou du moins l'humilier; elle cherchait à lui susciter des ennemis; elle tenta alors d'intéresser les Turks en faveur des Polonais; mais la crainte de se trouver elle-même entraînée et compromise dans de nouvelles dépenses, et peut-être dans une nouvelle guerre, avant d'être rétablie des malheurs qu'elle venait d'éprouver, ne lui permit que d'employer des moyens faibles, timides, et qui ne pouvaient avoir aucun succès. On défendit à l'ambassadeur de France à Constantinople toute voie de corruption, tandis que les Russes avaient soin d'y faire passer de grandes sommes d'argent et toutes ces riches fourrures de la Moskovie si recherchées dans le luxe oriental. On lui défendit de faire parvenir aux ministres ottomans aucun mémoire instructif, aucune note par écrit, tandis que ces ministres indolents et d'un accès toujours difGcile pour les étrangers, n'abordaient eux-mêmes qu'avec crainte un maître défiant et taciturne, et ne prenaient aucune résolution sur quelque affaire que ce fût, sans lui en avoir fait le rapport par écrit. Aux propositions faites par le kan des Tatars, cet ambassadeur fut chargé de faire

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