XXXVIII. Répnin et Braneçki partent pour le poursuivre
ce que c^est que Braneçki.
Aussitôt, tout ce qui restait à Varsovie de troupes polonaises et un nombreux détachement des troupes russes partirent ; celles-ci sous le commandement de Repnin, et les autres sous le commandement d*un certain Braneçki, le plus audacieux de ces jeunes gens qui, depuis Félévation dela tzarine, ne cessaient d'exciter Poniatowski à s'emparer du trône et de lui inspirer de jalouses déûances contre ses deux oncles.
Braneçki, d'une naissance inconnue, passait assez généralement pour le petit-fils d'un mirza ou noble Xatar, autrefois fait prisonnier dans une incursion ; il avait altéré son véritable nom, aOn de se faire croire parent du grand-général Braniçki; et malgré le désaveu de cet illustre vieillard, il tirait encore quelque honneur d'une si haute prétention. Il joignait à tous les vices la valeur la plus téméraire. On l'avait \u, dans une surprise à l'armée française, charger les ennemis, une houssine à la main. Il s'était trouvé en Russie au temps des amours de Poniatowski et de la tzarine ; et lui-même étant d'une figure agréable, malgré les traits tatars qui s'y reconnaissaient encore, avait osé montrer à cette princesse la galanterie la plus passionnée, et le regret d'avoir été prévenu. Sans amitié pour Poniatowski pendant le séjour qu'ils firent tous deux à Pétersbourg, et plutôt son rival que son confident, il l'escortait toutefois dans les rendez-vous dangereux ; et une nuit, il l'avait sauvé d'un péril qui aurait perdu la princesse elle-même. Depuis ce temps, il conservait toujours la faveur de la tzarine; d'autant plus impatient de voir régner Poniatowski, que la fortune