‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 55 sur 184 · I. Sentiments mutuels de la tzaiine et du nouveau roi · texte numérisé non relu

I. Sentiments mutuels de la tzaiine et du nouveau roi

L'élévation du comte Poniatowski, si détestéedes Polonais, était applaudie de l'Europe entière. Les femmes réunies dans les grandes villes, et qui, pour la plupart uniquement occupées de leurs amours ou des intrigues qui s'y rapportent, déterminent cependant aujourd'hui toutes les opinions publiques, voyaient avec plaisir qu'une femme, à peine parvenue au trône, eût employé sa puissance à donner à son amant un royaume voisin de son empire. Ce qu'il y avait de romanesque dans cette aventure faisait oublier ce qu'elle avait de violent et d'injuste. Les plus habiles politiques, instruits de l'oppression dont la Pologne gémissait, ne s'a* larmaient pas encore des desseins ambitieux de Catherine , parce qu'ils ne supposaient dans sa conduite que le délire d'une amante. Les plus prévoyants, comme les plus timides, imaginaient seulement que deux amants allaient gouverner, de concert, deux nations naturellement ennemies. Mais cette passion, devenue l'entretien de l'Europe entière, et regardée alors avec une indulgence ou plutôt avec une faveur générale, n'existait plus ; et quand la fortune amena enfîn un événement si extraordinaire, si vivement désiré par

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ces deux amants, si impatiemment attendu, ils éprouvèrent cette triste fatalité attachée à presque tous les succès humains : le temps où il aurait fait leur bonheur était passé.

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