XXII. Ses ressenHments personnels contre Poniatowski
Mais bientôt un ressentiment personnel anima contre Poniatowski cet ennemi terrible. Poniatowski se flattait d'assurer sa puissance et peut-être même de la perpétuer dans sa famille par une alliance illustre. La cour de Vienne lui avait, dit-on, laissé entrevoir l'espérance d'épouser une archiduchesse. On ajoute que c'était un piège tendu par le premier ministre autrichi^i; que cette idée jetée au hasard» fut une amorce à laquelle se prit toute l'ambition des Poniatowski, et que depuis ce moment le roi de Pologne ne cessait d'écrire à la tzarine les lettres les plus pressantes, pour lui persuader de reprendre l'ancien système des alliances de cette cour. Le roi de Prusse découvrit ces manœuvres ; et, se livrant à toute l'impétuosité de sa colère, il dit ces propres mots : « Je lui écraserai la tête avec sa couronne ! » Un ministre prussien, envoyé à Varsovie pour complimenter Stanislas sur son avènement, eut ordre de demander une nouvelle démarcation de limites, le rétablissement des dissidents dans toutes les prérogatives de la noblesse polonaise, la permission de faire des recrues en Po-
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logne pour les troupes prussiennes, un régiement pour le& monnaies concerté entre les deux cours. Cet envoyé prenait ouvertement dans la capitale des informations sur tous les changements faits dans la république. Les ministres polonais ne pouvaient opposer à ses demandes que les expressions des traités et les principes du droit naturel. Mais Stanislas espérait y opposer la puissance de la Russie ; il implorait la protection de la tzarine, et, se fiant sur la séduction de son éloquence, il ne doutait pas de rengager à soutenir la puissance qu'il tenait d'elle.