‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 99 sur 184 · LIVRE vm, iirr · texte numérisé non relu

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les gentilshommes dans leurs terres, le pins dangereu:« moyen que la fureur pût imaginer ; ils répandirent, dans les foires publiques, un manifeste destiné à exciter un soulève*» ment parmi tous les paysans du royaume, ou du moins à inspirer aux gentilshommes la crainte que, s'ils quittaient leurs châteaux pour se confédérer, leurs sujets, pendant leuv absence, ne prissent les armes contre eux. Ce manifeste, qui paraissait composé au nom de tous les serfs polonais, était une déclamation éloquente sur la liberté» à laquelle la nature appelle également tous les hommes. « Nos armes, disait'on, sont une faux ; mais nous en trouverons d'autres dans vos maisons. Notre armée est prête ; elle est répandue dans toutes vos provinces. Notre signal de ralliement sera la Misère! » Ce moyen terrible n'eut aucun succès;, et dans aucune partie de la Pologne les serfs ne firent aucun mou.vement.

VllI. Projets de la confédération arrangés à Varsovie:

Cependant, dès la première conférence entre les républicains et l'ambassadeur russe, ceux-là virent avec effroi l'autorité que cet ambassadeur prétendait s'arroger dans leurs assemblées ; il voulait les réduire à autoriser, seulement par leur présence, des opérations déjà décidées. Le plan d'une confédération générale et des confédérations particulières , était dressé. Non-seulement ces premiers actes contenaient des prostestations de respect envers le roi, non-seulement on promettait d'y accéder à toutes les demandes des dissidents, mais les confédérés paraissaient y supplier l'impératrice d'étendre sa garantie à toutes les parties de leur gouvernement, ils ne virent dans des propositions si inattendues,

qu'une folle tentative de l'ambassadeur russe ; il ne doutèrent pas que l'impératrice ne désavouât son anabassadeur ; ils le crurent vendu au roi, avec lequel il avait chaque jour de mystérieux entretiens. Plus ces demandes leur paraissaient avilissantes pour eux, plus ils croyaient y reconnaître le concert nouvellement rétabli entre ces deux hommes. Mais Repnin, irrité des difficultés qu'il éprouve, injurie, menace, déclare qu'aucun d'eux ne quittera Varsovie que tout ne soit agréé.

L'autorité d'une confédération générale, formée suivant les anciennes lois de cette république, est si grande, que, pendant sa durée, toutes les magistratures, toutes les juridictions cessent ; la république, dans toutes ses parties , est remise sous la puissance de la noblesse confédérée. Le roi> le sénat, les grandes charges et les tribunaux, doivent lui rendre compte de l'administration du royaume. Ceux qui refusent de s'y joindre , renoncent, par ce refus même, à toutes les prérogatives de la nation, et s'exposent à la confis^ cation de leurs biens. Ces formidables ligues ont plus d'une fois déclaré le trône vacant. Les Polonais, accoutumés à les regarder comme leur dictature, espérèrent que cette confédération, une fois formée, serait assez puissante pour que la Russie elle-même en respectât l'autorité; qu'ils enverraient des députés à l'impératrice, se plaindre du changement de conduite de Repnin ; que, malgré les protestations favora* blés au roi, insérées dans le manifeste qu'on leur proposai! de signer, quand la ligue serait formée, la personne même de ce prince demeurerait exposée à toute la sévérité des lois; et qu'enfin, en demandant à d'autres puissances de garantir la nouvelle forme d'administration qu'on allait donner a la république, ce serait se soustraire au joug que la Russie voulait imposer. Ainsi pensèrent quelques-uns des plus sages républicains; et, quanta la multitude, entraînée par l'esprit

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