‹ Révolutions de PologneChapitre 10 sur 282 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

arrivé avec un nombreux corps de troupes ; et le projet des Russes, à qui tout manquait pour une attaque en règle, fut dès lors entièrement déconcerté. Ils arrivèrent devant Chocim au lever du soleil, le jour de Pâques. Les prêtres , dès l'aube du jour, parcoururent tout le front de la ligne pour bénir Farmée, en l'honneur d'une fête si solennelle parmi tous les chrétiens. On n'entendait de toutes parts que félicitations sur ce que Jésus-Christ est ressuscité. Cette cérémonie annuelle chez les Russes, cet acte de dévotion et d'enthousiasme préparait les soldats à combattre les ennemis de leur foi. Dans cette sainte ardeur, ils s'avancèrent roulant devant eux leurs chevaux de frise, pour rompre l'impétuosité de la première attaque des Ottomans , dans le cas où ceux-ci sortiraient de leurs retranchements. Mais tous les Turks, aux premières décharges de l'artillerie russe, s'enfuirent avec une telle précipitation, qu'ils abandonnèrent leurs canons et leur camp. Les généraux russes se persuadèrent d'abord que cette fuite tenait à la trahison sur laquelle ils avaient fondé toute leur espérance, et ne prirent la résolution de poursuivre l'ennemi et de tenter d'entrer dans la ville avec les fuyards, que quand cette première terreur des Turks se fut dissipée, qu'ils se furent jetés dans un bois entre le retranchement et la ville , et qu'ils eurent mis le feu au faubourg. Quelques-uns des Turks , en fuyant, forçaient les habitants du faubourg à les suivre dans la forteresse. Ceux de la forteresse en chassaient les malheureux habitants. Des corps entiers de la garnison, craignant les faligues et les dangers d'un siège , se retiraient par tous les chemins opposés à l'attaque , tandis que de nouveaux corps accouraient par les mêmes chemins pour se jeter dans la ville. Les Russes dressèrent quelques faibles batteries de leurs canons de campagne , plutôt pour attendre que pour décider l'événement. Mais bieutôt ils apprirent par des es-

pions moldaves, qu'un gros détachement de volontaires turks s'assemblait dans lassy, capitale de la province, pour secourir Chocim ; et, à cette nouvelle, ils partirent sans délai pour repasser le fleuve.

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